Des manifestations contre l'état d'urgence et la déchéance de nationalité ont progressé dans plusieurs grandes villes françaises ce samedi après-midi. A Paris, c’est sous une pluie battante que des centaines de militants protestaient contre la privation de libertés au nom de la sécurité. Parti de la place de la République, le cortège, qui s'est ensuite dirigé vers le siège du Conseil d'Etat, a appelé  François Hollande et Manuel Valls à ne pas reconduire l'état d'urgence, alors que le Conseil des ministres se réunira ce mercredi pour évoquer cette possibilité.

En Ile-de-France ou en province, des milliers de Français (entre 5500 selon la police et 20.000 selon les organisateurs) ont répondu à l'appel des collectifs "Nous ne céderons pas" et "Stop état d'urgence" qui regroupent des syndicats, des associations et des organisations de défense des droits humains. Ces derniers demandent la levée immédiate de l'état d'urgence et l'abandon du projet de déchéance de nationalité des binationaux condamnés pour terrorisme. Selon eux, ces deux réformes ne garantissent en rien la sécurité des Français.

"L'arsenal législatif antiterroriste existe déjà"

"Beaucoup de Français considèrent que sans état d'urgence la police ne pourra rien faire, ce qui est faux : l'arsenal législatif antiterroriste existe déjà. Nous voulons affirmer qu'il est possible que l'Etat protège les citoyens face au terrorisme sans remettre en cause les droits et les libertés", a expliqué Françoise Dumont, dont l'association fait partie du collectif "Nous ne céderons pas". Selon elle, il est encore temps de faire basculer l'opinion de "députés dont le vote serait encore hésitant". "Il faut qu'ils aient le courage d'aller contre une partie de l'opinion publique en constatant qu'une autre partie les soutiendra dans leurs choix".  Il faudra cependant attendre quelques jours encore pour savoir si le cri de ces militants aura su convaincre.

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