Les Américains, et avec eux le reste du monde, peuvent souffler après l'accord trouvé entre le Sénat et la Chambre pour relever le plafond de la dette, à quelques heures du défaut de paiement des Etats-Unis. Mais l'économie américaine n'en n'est pas quitte que pour une bonne frayeur. En effet, la facture du shutdown s'annonce élevée.

L'estimation a été réalisée par l'agence de notation Standard & Poor's et diffusée peu de temps avant l'accord parlementaire. Elle s'élève à 24 milliards de dollars. "A ce jour, nous pensons que le shutdown a amputé de 0,6% le taux de croissance annualisé du PIB au quatrième trimestre", explique Beth Ann Bovino, économiste en chef pour les Etats-Unis de Standard and Poor's.

Perspective de croissance revue à la baisse

Conséquence, la croissance du pays devrait accuser le coup de la fermeture partielle de très nombreux services publiques ces deux dernières semaines. L'agence new-yorkaise, qui a privé les Etats-Unis de son triple A en 2011, revoit ainsi sa perspective de croissance pour le 4e trimestre, la situant désormais plus proche de 2% que des 3% jusqu'alors annoncés. S&P souligne notamment l'impact que devrait avoir cette nouvelle passe d'armes budgétaire sur la consommation des ménages, citant le plancher qu'elle avait atteint suite à la crise analogue de 2011.

Outre le coût chiffrable du shutdown, l'impact de cette nouvelle crise - que l'accord de mercredi ne fait que reporter de quelques semaines -, sur la confiance des acteurs économiques pourrait peser lourd. Avant l'accord de mercredi, l'agence de notation Fitch avait ainsi annoncé qu'elle envisageait d'abaisser la note des Etats-Unis, tandis que sa concurrente chinoise Dagong est, quant à elle, passée à l'action : dégradant à nouveau jeudi - après une première sanction en 2011 -, la note de la dette souveraine américaine.