Valérie, devine qui vient dîner ce soir ? La compagne de François Hollande a dû être étonnée en lisant la liste des invités de la table présidentielle lundi soir : le premier secrétaire du PS Harlem Désir, le président des radicaux de gauche Jean-Michel Baylet, le chef des Verts Pascal Durand, Robert Hue (Mouvement unitaire progressiste) et Jean-Luc Laurent (MRC, chevènementiste) ; le Premier ministre Jean-Marc Ayrault était également de la partie. Comme ses confrères, la journaliste n'avait sans doute pas oublié la promesse de campagne que François Hollande avait pourtant lancée à la figure de son adversaire lors du débat télévisé d'entre-deux tours : "Moi président de la République je ne serai pas le chef de la majorité, je ne recevrai pas les parlementaires de la majorité à l'Élysée".

Mais pour le chef de l'Etat, l'enjeu dépasse aujourd'hui le symbole. Sa première année de pouvoir a été émaillée d'une série de fausses notes au sein de la majorité, qui ont donné au mot "couac" une nouvelle jeunesse. Les Verts n'hésitent pas à régulièrement hausser le ton, demandant des gages sur la transition écologique, voire menaçant de quitter le gouvernement. Les radicaux de gauche se sont rebiffés au Sénat sur le cumul des mandats. Et même au sein du parti socialiste, qu'Harlem Désir a du mal à tenir, l'aile gauche 
rejetant l'austérité ne cesse de réclamer un changement de politique.

"Ecoute", "union", "ensemble"

A quelques mois des municipales qui s'annoncent difficiles pour la majorité - qui enchaîne depuis un an les échecs électoraux - il s'agissait donc de raccorder les violons. François Hollande avait déjà donné le ton jeudi dernier, lors d'un dîner organisé par l'association de la presse présidentielle, sur l'air de : "je tombe, ils tombent". "Les sorts du président et de la majorité sont communs", avait-il en effet déclaré, ce qu'il n'a sans doute pas manqué de rappeler lundi à ses partenaires.

A la sortie du dîner, peu après 23 heures, les convives ont poliment résumé leurs échanges avec le président en termes convenus. Aux dires de Harlem Désir et Pascal Durand, les municipales ont bien été abordées en filigrane, avec ce conseil de leur hôte : "l'union". "Il veut qu'on travaille plus ensemble", a précisé Pascal Durand. "Il y a des échéances. A vous de travailler et de vous réunir", leur a indiqué François Hollande selon Jean-Luc Laurent, qui a décrit un chef de l'Etat "très à l'écoute".

Les invités ont enfin rapporté qu'il était convenu avec leur hôte de rééditer ce type de rendez-vous avant la fin de l'année. Histoire, pour le président, de montrer à ses partenaires qu'il les garde à l'œil. Dans la même optique, le chef de l'Etat a aussi prévu de recevoir les communistes, en la personne mardi de leur numéro un, Pierre Laurent. Ces alliés de la majorité, dont ils ne font pas partie, menacent en effet de lui donner du fil à retordre pour les municipales. Et cela, François Hollande a du mal à le digérer.