Il aura fallu un an pour que Dior trouve le parfait remplaçant de John Galliano. C'est maintenant chose faite en la personne de Raf Simons. Depuis le lundi 9 avril, ce créateur belge de 44 ans est officiellement le nouveau directeur artistique de la maison de couture. Sa première collection est d'ores et déjà annoncée pour juillet prochain. Le nom du créateur, réputé pour une mode minimaliste exigeante a priori à l'opposé du style volontiers baroque et provocateur de John Galliano, circulait déjà depuis plusieurs mois.
Suite à cette nomination, la maison Dior, s'est dite enthousiaste d'accueillir l'un des plus grands talents actuels, pour "poursuivre l'oeuvre de son fondateur". "Il va inspirer et propulser dans le 21ème siècle le style que Monsieur Dior a lancé depuis l'ouverture de sa maison et qui a changé, dès sa première collection, les codes de l'élégance mondiale", s'est-elle félicitée dans son communiqué. De son côté, Raf Simons se réjouit de sa nomination. "Je mesure l'honneur et la responsabilité qui me sont donnés aujourd'hui de diriger la création de la marque française la plus célèbre du monde", ajoute-t-il.
De l'industrie au tissu
Raf Simons, qui a étudié le design industriel, a d'abord commencé sa carrière en tant que créateur de mobilier. Mais son choix s'est vite porté sur l'univers de la mode en créant en 1995 sa propre marque, Raf Simmons pour un homme "individualiste, un original qui assume sa différence". En 1999, il dessine aussi les lignes masculines de la marque expérimentale Ruffo Research, en tandem avec sa compatriote Véronique Branquinho pour la collection femmes. Malgré le succès et la reconnaissance du milieu, il dépose le bilan, se sentant "étouffé et contraint par l'aspect commercial de la mode". A l'automne 2000, il enseigne la mode à l'Université des arts appliqués de Vienne, poste qu'il occupera cinq ans. A partir de 2005, il devient le directeur artistique de la marque Jil Sander, et ce jusqu'en février 2012.
Le suspense autour du successeur de John Galliano durait depuis début mars 2011, lorsque l'extravagant créateur britannique avait été licencié par la maison de couture après des plaintes pour insultes antisémites et la diffusion d'une vidéo infamante qui avait fait le tour du monde sur internet. La justice française l'avait condamné en septembre à 6 000 euros d'amende avec sursis, une sanction que le tribunal avait souhaitée "modérée" au vu de efforts du styliste, qui avait décidé de se soigner de ses multiples addictions et s'était excusé auprès des victimes.















