Journée de tous les dangers au Caire. Les Frères musulmans ont appelé à un "vendredi de la colère", deux jours après la répression policière menée contre les manifestants pro-Morsi qui a fait quelque 600 morts, pour la majorité, des civils.

Les islamistes appellent à mettre fin aux manifestations

"Les manifestations d'aujourd'hui prendront fin avec la dernière prière de la soirée (prévue vers 18h00) qui sera suivie de prières pour les morts", a affirmé Gehad al-Haddad, porte-parole de l'Alliance contre le coup d'Etat. "Il y aura des manifestations contre le coup d'Etat tous les jours", a-t-il toutefois prévenu.

Au moins 70 morts selon un dernier bilan
Dans deux morgues improvisées dans des mosquées attenantes à la place Ramsès (Caire), un correspondant de l'AFP et des témoins ont compté au moins 39 corps. En outre, des sources de sécurité ont affirmé que 31 personnes avaient été tuées dans différentes provinces, sans évoquer de bilan pour Le Caire.

Catherine Ashton invite les Etats membres à prendre "des mesures appropriées"
"J'ai été en contact constant avec les ministres des Affaires étrangères de l'Union européenne et j'ai demandé aux représentants des Etats membres de débattre et coordonner les mesures appropriées qui doivent être prises par l'Union européenne en réponse à la situation en Egypte", a déclaré la chef de la diplomatie européenne.

Le bilan s'alourdit : au moins 12 morts
Le ministre de la Santé a fourni un bilan dans l'après-midi selon lequel 12 personnes auraient péri. Le ministère a fait état de quatre morts à Ismaïlia, sur le canal de Suez, et huit à Damiette (nord), sans préciser s'il s'agissait de manifestants ou forces de l'ordre.

Hollande et Merkel demandent une concertation européenne "urgente"
Les deux dirigeants se sont entretenus par téléphone et "ont appelé à une cessation immédiate des violences", déclare un communiqué de la présidence française. "Ils souhaitent que les ministres des Affaires étrangères de l'Union puissent se réunir rapidement, la semaine prochaine".

Cinq manifestants tués dans le Nord
Ces pro-Morsi ont été tués par balles par l'armée à Ismaïlia, dans le nord de l'Égypte, au cours d'un rassemblement de partisans du président islamiste destitué par l'armée, selon des responsables de la sécurité.

Un policier tué au Caire

Début des manifestations au Caire
Les partisans du président islamiste déchu Mohamed Morsi ont commencé à manifester dans la ville où les chars de l'armée barrent les principaux accès. Dans le nord du pays, à Tanta, la police a tiré à la chevrotine et des grenades lacrymogènes sur des manifestants islamistes, selon des responsables de la sécurité.

Chars déployés au Caire
Les artères du Caire sont quasi-désertes ce vendredi. Les chars de l'armée bloquent les grandes avenues en ce "vendredi de la colère" pour lequel les islamistes appellent à manifester contre le "massacre" des partisans du président déchu Mohamed Morsi il y a deux jours.

Réunion à Bruxelles
Les représentants des 28 Etats membres de l'UE se réuniront lundi à Bruxelles pour faire le point sur la situation en Egypte, a annoncé le Service d'action extérieure de Catherine Ashton. Le but de cette réunion est, précise-t-on, de trouver une position commune des Etats membres et de l'UE concernant la situation dans le pays en vue "de possibles actions".

Hollande va s'entretenir avec Merkel puis Cameron
Angela Merkel et François Hollande doivent s'entretenir par téléphone ce vendredi en fin de matinée sur la situation en Egypte. La veille, l'Allemagne et la France avaient convoqué les ambassadeurs d'Egypte en poste dans leur capitale respective. Le chef de l'Etat avait mis en garde contre le risque de "guerre civile". Il fera également un point téléphonique avec le  Premier ministre britannique David Cameron à 18h30.

Fabius très "inquiet" pour l'ensemble de la région
Le chef de la diplomatie française a évoqué "une situation très inquiétante" en Egypte pour l'ensemble de la région, avec "le risque que ce soient des mouvements extrémistes qui récupèrent toute la tension". "Quand vous mettez bout à bout, même s'il ne faut pas tout confondre, ce qui se passe en Syrie, en Egypte, au Liban, en Irak, et l'incidence que ça peut avoir sur le conflit israélo-palestinien (...), c'est effectivement très, très, très inquiétant", a souligné Laurent Fabius sur RTL. "L'Egypte est un pays absolument déterminant dans le monde arabe". "C'est une raison supplémentaire pour laquelle il faut demander, comme les Nations unies l'ont demandé à l'appel de la France hier, une décélération, une retenue maximale. Sinon le risque c'est que ce soient des mouvements extrémistes qui récupèrent toute la tension", a-t-il fait valoir. Il faut "absolument aller vers une décélération (en Egypte) et que le pouvoir fasse des gestes, et en même temps les manifestants eux ont un devoir de manifester pacifiquement".

Appel à de nouveaux rassemblements
"Les défilés contre le coup d'Etat partiront de toutes les mosquées du Caire et se dirigeront vers la place Ramses après la prière pour un vendredi de la colère", a déclaré le porte-parole de la confrérie islamiste, Gehad El Haddad, sur son compte Twitter. Jeudi, au lendemain du bain de sang condamné par la communauté internationale, de nouvelles violences ont éclaté dans le pays. L'appel à ces nouvelles manifestations laisse augurer un vendredi à haut risque. Les 15 pays membres du Conseil de sécurité de l'ONU ont appelé jeudi soir les différentes parties à faire preuve d'un "maximum de retenue". Mais ni les Frères musulmans, ni l'armée qui a destitué le 3 juillet le président Mohamed Morsi, ne semblent vouloir jouer la carte de l'apaisement. Le pouvoir égyptien mis en place par les militaires a annoncé avoir autorisé la police à tirer à balles réelles sur quiconque s'en prendrait à des bâtiments officiels ou aux forces de l'ordre.

La présidence égyptienne critique les déclarations de son allié américain
Les Etats-Unis ont de leur côté annulé des exercices militaires communs et incité leurs ressortissants à quitter l'Egypte. Si Washington n'a pas annulé l'aide annuelle (1,5 milliard de dollars) versée en grande partie à la toute-puissante armée, Barack Obama a averti qu'il se réservait la possibilité de prendre des "mesures supplémentaires". Ce dernier a "condamné avec force les mesures prises par le gouvernement intérimaire égyptien", comme la réinstauration de l'état d'urgence. La présidence égyptienne a immédiatement réagi en dénonçant "des déclarations non basées sur des faits" qui, selon elle, risquent "d'encourager les groupes armés violents".

Au moins 600 morts
Selon les autorités égyptiennes, 228 personnes ont péri mercredi sur la place Rabaa al-Adawiya, principal point de rassemblement occupé depuis plus d'un mois par les milliers de pro-Morsi. 90 autres ont péri dans la dispersion du second sit-in pro-Morsi au Caire et 43 policiers ont été tués. Les Frères musulmans évoquent de leur côté 2.200 morts et plus de 10.000 blessés. Depuis, l'état d'urgence a été décrété pour un mois et un couvre-feu est imposé dans la moitié du pays de 19 heures à 6 heures, rappelant à l'Egypte les heures les plus dures de son histoire. La levée de l'état d'urgence avait été un des acquis de la révolte de 2011.