Le 9 mars, sa mère Ludivine nous faisait part de son extrême inquiétude. Depuis le mercredi 24 février, sa fille unique Manon, 16 ans, avait disparu après avoir quitté le lycée Pierre Mendès-France de Veynes (Hautes-Alpes) où elle était scolarisée. L'adolescente était partie sans affaire et sans un sou.

Et c'est bien à Marseille (Bouches-du-Rhône), comme le soupçonnait sa maman, qu'elle était partie. Manon est finalement rentrée dimanche soir chez elle, vers 18h30, sur les conseils d'un ami.

Un "petit copain"

"Manon m'a appelée samedi soir, vers 21h30, sur les conseils d'un ami, et elle m'a dit qu'elle rentrerait le lendemain. C'est ce qu'elle a fait Je suis soulagée, mais aussi très inquiète. Car Manon est fascinée par Marseille et ses mauvais garçons", confie Ludivine.

Au téléphone, Manon a d'ailleurs du mal à expliquer à metronews pourquoi la cité phocéenne l'attire comme un aimant. Elle dit qu'elle "aime la plage" et le "Vieux-Port". Elle était déjà partie là-bas le 14 février, avant de rentrer d'elle-même chez elle le 17. Cette fois, elle a fait durer son séjour. L'adolescente dit qu'elle ne connaît personne là-bas, qu'elle a peut-être "discuté avec des individus qui y habitent sur Facebook".

"Quand je suis arrivée le 24, j'ai erré sur la Canebière. J'ai rencontré des gens", nous explique l'adolescente, avec candeur. Selon ses déclarations, on lui a "payé des Mc Do", des "inconnus l’ont hébergée". Elle indique également qu'elle a un "petit copain" rencontré là-bas, qu'il a "20 ans" et qu'elle "l'aime"...

"Mon rêve, c'est Marseille"...

Lors de la disparition de Manon, un appel à témoins avait été lancé. Une enquête de gendarmerie a été ouverte un peu plus tard pour "fugue de mineur". Manon, elle, dit ne s'être rendu compte que très récemment qu'elle était recherchée. Quand on lui dit que de nombreux gendarmes ont été mobilisés pour tenter de la retrouver, elle dit qu'elle "regrette", mais qu'elle "repartira quand même". "Mon rêve, c'est Marseille. Je vais trouver une formation là-bas et m'y installer."

Le lycée Pierre Mendès-France de Veynes a fait savoir, selon la maman de la jeune fille, qu'il ne voulait pas garder Manon compte tenu du "risque de fugues". Ludivine, elle ne cache pas son angoisse. "Ma fille est mineure, mais je ne peux rien faire. Qu'elle parte à Marseille, c'est une chose. Qu'elle traîne avec des voyous voire pire, c'en est une autre. J'espère qu'elle ne se trouve pas à traîner avec des personnes issues de réseaux djihadistes qui tentent de l'emporter". La jeune fille, de son côté, assure qu'elle a compris : "Si ma mère me laisse vivre là-bas, je ne fuguerai pas", conclut-elle. Entendues ce lundi matin par les gendarmes, les deux femmes devaient l'être de nouveau cet après-midi.

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