"Les disparus du Verdon" étaient donc chez eux pendant que 40 gendarmes, un hélico, des plongeurs, des maîtres chiens étaient à leur recherche durant près de trois jours. Après une dispute en canoë lors d'une sortie sur le Lac de Sainte-Croix, les deux couples de touristes avaient laissé leur embarcation avant de regagner leur domicile dans les Alpes de Haute-Provence. Certainement gênés par le battage médiatique engendré par l'affaire, aucun d'entre eux n'a osé tenir les autorités au courant.

Lorsque la vie d'autrui est en danger..

Un simple appel aurait certainement évité une perte de temps et surtout d'argent : entre 30 000 et 40 000 euros, selon une estimation publiée par Le Figaro. Oui, mais pour qui ? Pour les collectivités locales et donc pour le contribuable. Dans cette affaire, aucun des touristes ne devra débourser un centime pour payer les secours. La raison est simple : depuis 1733 et une ordonnance royale, le principe de la gratuité des secours a été posé avant d'être ajusté par le Sénat.

Ainsi, lorsque la vie d'autrui est en danger la charge ne revient au contribuable, sauf si les pompiers interviennent pour retirer un nid de guêpes ou dépanner un ascenseur, par exemple. En mer, seule l'assistance aux biens sera facturée. Il en est de même des interventions en montagne dans le cadre sportif de la pratique du ski alpin ou de fond.

35 euros d'amende

"Si on fait payer les secours, les personnes en perdition ne le diront jamais et cela coûtera encore plus cher en argent public", expliquait Emmanuel Dupuis, directeur de cabinet du préfet du Var, sur France Bleue. "Beaucoup de moyens seront consacrés à la recherche alors que les personnes se feront discrètes car elles ne veulent pas payer", a-t-il ajouté. "Il faut que ce système de confiance perdure. Une personne en perdition doit être secourue par les services de l'Etat, en échange si c'est un simple égarement ou un changement de programme, il faut nous prévenir. Il faut que chacun soit responsable", a-t-il insisté sur France Bleu.

Lundi, ce dernier devrait révéler le montant de la facture des opérations. La douloureuse ne sera pas envoyée aux quatre imprudents, mais il leur faudra débourser quelques euros pour avoir dépassé la zone de navigation autorisée sur un cours d'eau. Montant de l'amende : 35 euros.