"On peut penser que c'est une forme de guet-apens". Le procureur de la République de Dijon, Eric Lallement, a livré ce mardi une partie du scénario du drame qui s'est joué lundi à Dijon. L'homme de 28 ans a en effet appelé les parents de son ex-compagne afin qu'ils viennent récupérer les affaires de leur fille qu'elle n'osait pas aller chercher elle-même depuis leur rupture. Arrivés au domicile du meurtrier présumé, ils ont été ligotés à l'aide d'un puissant lien en plastique et leur agresseur a exigé qu'ils joignent leur fille afin de la faire venir. La jeune femme, alarmée, a alors alerté la police qui a envoyé une équipe peu après 15h30.
C'est par un avertissement que les fonctionnaires ont été accueillis. "Si vous avancez vous êtes morts", a lancé l'individu armé, juste avant de tirer un coup de feu. Un coup mortel qui a visé la mère. Atteinte à la base du cou, la victime est morte sur le coup, a précisé le magistrat.
Le père blessé après une bagarre
Sous le choc et blessé, le père de famille n'a pu être entendu que brièvement mais a raconté aux enquêteurs qu'il a alors bondi sur l'agresseur, décrit comme "grand et athlétique", et s'est vu asséner au cours de la bagarre un coup violent sur la tête à l'aide du fusil qui a provoqué "un traumatisme crânien" et une "importante perte de sang", a indiqué Eric Lallement.
Le père a alors été laissé dans la chambre alors que le tireur se réfugiait "dans le séjour, à l'étage inférieur", où quelques heures plus tard, "il s'est tiré une balle dans la bouche avec une carabine."
"Une certaine préméditation"
Les hommes du GIPN ont pénétré dans l'appartement vers 22h30 découvrant les corps de la victime et du meurtrier présumé, ainsi que le père prostré à l'étage. Autour du corps de l'agresseur, une "ceinture de cartouches de calibre 16" qui accrédite la thèse d'"une certaine préméditation", a ajouté le magistrat.
Craignant manifestement son ancien compagnon, la jeune femme avait connu en juin dernier une rupture difficile. Le couple s'était rencontré fin 2008, quelques mois après la libération du jeune homme, condamné à 18 mois de prison, dont six avec sursis, pour violences sur sa précédente compagne.

















