D'abord à Nantes, puis à Evry ou encore en Ardèche et depuis jeudi à Orléans, le fait de se retrancher en haut d'une grue, ou en l'occurrence au sommet d'une cathédrale, est devenu en quelques mois le moyen d'expression privilégié de parents en souffrance pour des questions de garde d'enfants. Le dernier coup d'éclat en date est celui de huit pères et une mère originaires des quatre coins de France, qui ont choisi de se retrouver à Orléans pour donner de la visibilité à leur cause : que la justice respecte "le droit des enfants à leurs deux parents", autrement dit que sur fond de divorce, les tribunaux encadrent plus vite et mieux la "coparentalité".

Une action pour rien ?

Parties de Caen, de Belfort, de Périgueux, de Bretagne ou encore de Lorraine, ces neuf personnes avaient investi la cathédrale jeudi après-midi, à la faveur d'une visite de l'édifice organisée par leurs propres soins. La terrasse, située au pied de la tour sud avait été bien choisie pour que l'on voie leurs banderoles déployées au-dessus de la façade principale de la cathédrale. Cinq des parents retranchés sont redescendus le soir même, trois autres ont mis fin à leur action vendredi vers 19 heures, le dernier, visiblement fatigué, s'est décidé samedi peu après 8 heures, après une seconde nuit en hauteur. Au contraire de ses compagnons, qui la veille sont apparus confiants dans les suites de leur dossier et convaincus que leur action avait contribué à faire évoluer les choses, lui pense qu'elle n'a servi à rien. Amer, il s'en est allé derrière des policiers vers le commissariat où il devait être entendu.

"Des guignols sectaires" à la manoeuvre

Autre sujet de dissension entre les membres du groupe qui a occupé la cathédrale : tous n'ont pas apprécié l'arrivée vendredi à Orléans de renforts de militants de l'association SOS Papa du Loiret et du collectif La Grue jaune, créée après l'acte fondateur d'un père retranché sur une grue à Nantes, en février dernier. Non seulement certains ont dénoncé cette forme de "récupération" de leur mouvement, mais sur le fond, ils ne se sentent pas sur la même ligne que ces associations. Cédric Constant a ainsi déclaré à leur propos : "ce sont des guignols sectaires et misogynes que nous condamnons". Et ce père qui se bat depuis huit ans pour la garde de son fils de préciser sa pensée : "Nous sommes là pour délivrer un message à nos enfants, pour défendre nos revendications personnelles, et non pas pour des revendications nationales. Et ce n'est pas un message contre les mamans, même si elles profitent du système, mais contre la lenteur de la justice".