Promise par le Premier ministre, la réouverture de négociations dans le cadre du "pacte d'avenir pour la Bretagne" va se concrétiser mercredi lors d'un premier rendez-vous à la préfecture de Rennes, là où 15.000 à 30.000 "bonnets rouges" opposés à l'écotaxe se sont rassemblés samedi. Depuis cette mobilisation, un nouveau portique a été détruit par des manifestants à Lanrodec dans les Côtes d'Armor, dimanche. Une démonstration de force, alors même que le gouvernement a fait un geste en direction des opposants en suspendant sine die l'application de cette taxe controversée.

Déterminé, le collectif organisateur de la manifestation de samedi à Quimper ne se contente en effet pas d'un simple report de l'écotaxe - déjà rabotée de 50% en Bretagne - et exige toujours sa suppression pour l'ensemble de la région. "C'est notre première revendication", rappelle à metronews Christian Troadec, maire DVG de Carhaix (Finistère) et porte-parole du comité.

Une nouvelle manifestation en préparation

Et l'élu de prévenir : "si le gouvernement ne veut pas entendre, il est clair que la mobilisation de Quimper va se renforcer dans les prochains jours. Nous pensons déjà à une manifestation monstre dans les jours à venir." Une nouvelle mobilisation qui pourrait se dérouler cette fois à Paris, réfléchissent les opposants. Aucune date n'est cependant fixée, pour l'instant. "On attend les réponses du gouvernement", précise Christian Troadec.

Des réponses qui pourraient intervenir donc mercredi, lors de la réunion à la préfecture de Bretagne et d'Ille-et-Vilaine à Quimper, où, cependant, aucun membre du gouvernement ne devrait être présent. La présence du collectif, elle, n'est pas non plus assurée car si la préfecture a annoncé lundi convier les "bonnets rouges" à discuter, ces derniers n'avaient pas encore reçu l'invitation, ce lundi, en fin de matinée, selon Christian Troadec.

Des revendications multiples

S'ils se rendent au rendez-vous fixé par le préfet, Patrick Strzoda, les "bonnets rouges" ne seront toutefois pas les seuls autour de la table des négociations, à laquelle ont été conviés tous les "acteurs économiques et sociaux". Elus locaux et organisations représentatives patronales et syndicales devraient ainsi participer aux débats. Autant d'interlocuteurs pour autant de revendications, alors que le "pacte d'avenir pour la Bretagne" comprend déjà un certain nombre de mesures en faveur de l’activité économique dans la région. 15 millions d'euros sont notamment mobilisés pour les entreprises du secteur agroalimentaire en difficultés. En outre, l'Etat a promis une rallonge de 100 millions d'euros pour agrandir la RN164, principal axe routier de la région, d'ores et déjà exemptée d'écotaxe.

Dans ces conditions, la marge de manœuvre de Patrick Strozda s'annonce réduite face à des opposants qui réclament aussi bien des aides supplémentaires, un allégement des réglementations ou l'obtention d'un "droit à l'expérimentation" de mesures pensées "par les Bretons pour les Bretons", souligne Christian Troadec.