"La maladie professionnelle dont était atteint Jean-François Cloix ayant entraîné son décès est la conséquence d'une faute inexcusable de la société EDF". Le jugement du tribunal des affaires de sécurité sociale d’Orléans rendu public dimanche a de quoi faire trembler le secteur nucléaire. En effet, c’est la première fois qu’une entreprise de ce domaine est condamnée pour "faute inexcusable".

Jean-François Cloix avait travaillé dans la centrale de Dampierre-en-Burly (Loiret) durant 30 ans comme chaudronnier, avant que les médecins ne lui découvrent un cancer broncho-pulmonaire en 2007. Il en décédera deux ans plus tard, à 53 ans. Dans le cadre de ses fonctions d'agent EDF, il avait été soumis à de faibles doses de rayonnements ionisants. Suffisamment pour déclencher un cancer, selon Laure Cloix, son épouse qui a assigné EDF en justice après la mort de son mari.

EDF conteste et indemnise 95 000 euros

Le tribunal d'Orléans a ainsi estimé qu’EDF n'apportait pas la preuve que le cancer de son employé décédé ne pouvait pas être lié aux doses de radioactivité qu'il areçues. Le jugement a par ailleurs écarté la responsabilité personnelle du salarié fumeur. "Même si assurément le tabagisme est un des facteurs concourant incontestablement à la même maladie, il n'exclut nullement au contraire le facteur résultant de l'exposition aux rayons ionisants, les facteurs se cumulant et augmentant les risques", juge le tribunal dans sa condamnation.

"Nous contestons cette analyse, pour nous, la maladie de Monsieur Cloix n’est pas caractéristique des rayonnements ironisants", a réagit de son côté auprès du JDD, Me Philippe Toison , l’avocat d’EDF. L’entreprise qui a décidé de faire appel de cette décision doit d’ores et déjà indemniser 95 000 euros à la veuve de Jean François Cloix.