Pas moins de 600 acteurs de l'enseignement ont planché tout l'été sur les grands axes de la refondation de l'école, promise pendant la campagne présidentielle. De cette "boîte à idées", François Hollande a tiré les grands axes de ce qui s'annonce comme le "quinquennat de l'école" ce mardi, lors d'un discours à la Sorbonne. L'enjeu est de taille. "Je ferai de l'éducation une grande cause nationale", avait-il lancé, pendant sa campagne, exhortant même les Français à "être évalué sur ce seul engagement". Sa feuille de route est désormais tracée. Un projet de loi sera présenté en conseil des ministres avant la fin de l'année.
Les rythmes scolaires. "C'est le levier de la réussite", juge François Hollande. Déplorant des journées actuellement surchargées pour les élèves, le président s'est dit favorable au retour à une semaine de quatre jours et demi à l'école, contre quatre actuellement. La réforme sera effective dès "la rentrée scolaire 2013", avec "l'allégement de la journée" des écoliers et la mise en place d'un "temps éducatif complémentaire".
Le ministre de l'Education, Vincent Peillon, milite de longue date pour ce calendrier, mais avait été recadré en juin par le Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, qui craignait une levée de boucliers. Le chef d'Etat a donc tranché. "Nous ne pouvons pas nous plaindre de la baisse de nos résultats et n'avoir que 144 jours de classe par an alors que nos partenaires européens sont à plus de 180", a-t-il justifié.
Fini le zéro pointé. C'est une petite révolution. "L'objet de la notation devait être d'indiquer un niveau plus que de sanctionner un élève", a expliqué le président, qui veut ainsi "repenser" la difficulté scolaire avec un nouveau système de notation. Il compte aussi "réduire les redoublements", qu'il juge "pas toujours utiles". Quant aux devoirs, ils doivent "être faits dans l'établissement plutôt qu'à la maison pour accompagner les enfants et rétablir l'égalité".
L'école avant trois ans. Autre objectif : prévenir au plus vite "les premiers retards". Chaque année 15 à 20% des enfants entrent en effet au collège sans maîtriser suffisamment la lecture ou les mathématiques. Pour le chef de l'État, "c'est dans ce très jeune âge que se nouent souvent des inégalités qui marquent avec une fatalité terrible ceux qui n'auront pas acquis des savoirs essentiels". Selon lui, l'école maternelle peut "atténuer" ces inégalités. Il a ainsi prôné la scolarisation des enfants de moins de trois ans, "dès la rentrée 2013 dans les zones en difficulté".
La formation des enseignants. L'annonce était très attendue. Le chef de l'Etat a confirmé le rétablissement de la formation initiale avec la mise en place d'Ecoles supérieures du professorat et de l'éducation (ESPE) en 2013. Côté chiffres, le président a réaffirmé les objectifs de créer environ 10 000 postes par an sur le quinquennat ainsi que 6 000 "emplois d'avenir professeur" par an entre 2013 et 2015.
Faut-il revoir le système de notation et de redoublement des élèves? C'est la question qui sera posée dimanche, sur Europe 1, lors du Forum citoyen, présenté par Wendy Bouchard (18-20h), en partenariat avec Metro.
















