Son état empire de jour en jour. Le président déchu Hosni Moubarak, emprisonné depuis début juin, va être transféré de sa prison de Tora, dans la banlieue du Caire, vers un hôpital militaire. Devant son état de santé alarmant, c'est le procureur général égyptien qui en a donné l'ordre.

Une décision qui intervient 10 jours après que Moubarak ait été hospitalisé pour subir un scanner du crâne, suite à une chute dans sa douche. C'est sa famille et ses avocats qui en avait alors fait la demande, l'équipe médicale ayant constaté "des blessures à la tête et une contusion à la poitrine", selon une source sécuritaire interrogée par l'AFP.

Arrêts cardiaques

L'ancien président devra retourner à la prison de Tora, une fois le traitement terminé, a expliqué une source à l'AFP, sans donner plus de précision sur son état. La santé d'Hosni Moubarak, un tabou sous sa présidence, est sujette à de nombreuses spéculations et informations contradictoires depuis sa démission sous la pression d'une révolte populaire en février 2011.

Cela fait déjà de longs mois que l'ex-président se trouve mal en point. Agé de 84 ans, Hosni Moubarak se serait affaibli dès son incarcération le 2 juin dernier. Des sources de sécurité faisant alors état de dépression aiguë, de difficultés respiratoires et d'hypertension. Il avait même subi le 11 juin dernier une défibrillation à deux reprises après des arrêts cardiaques. Quelques jours plus tard, l'agence officielle Mena l'avait donné pour "cliniquement mort", une information démentie par des sources médicales qui avaient assuré qu'il s'agissait d'un coma.

Réclusion à perpétuité

De nombreux Egyptiens soupçonnent le sujet d'être instrumentalisé pour susciter de la compassion envers l'ancien dirigeant ou lui ménager un traitement de faveur, et beaucoup estiment qu'il appartient de toute façon au passé.

Hosni Moubarak a dirigé l'Egypte pendant 30 ans avant de démissionner le 11 février 2011 sous la pression de manifestations massives ayant duré 18 jours. Début juin, il a été condamné à la réclusion à perpétuité pour la répression du soulèvement populaire contre son régime qui a fait environ 850 victimes. Le tribunal l'a accusé de ne pas avoir pris les dispositions nécessaires pour empêcher ces morts.