Gardé au secret par l'armée égyptienne depuis près d'un mois, Mohamed Morsi entrevoit une lueur d'espoir en provenance de l'Europe. Le président déchu peut désormais compter sur le soutien de la France, une première depuis sa destitution le 3 juillet dernier. Un soutien qui intervient alors que la patronne de la diplomatie européenne, Catherine Aston, a pu s'entretenir avec l'ancien chef d'Etat.

"La situation est très critique. Nous appelons au refus de la violence et à la libération des prisonniers politiques, y compris l'ancien président Morsi", a déclaré Laurent Fabius lors d'un entretien avec la presse. Pour le chef de la diplomatie française, "le président Morsi avait été élu dans des conditions régulières mais le sentiment qu'ont eu beaucoup de personnes, c'est qu'il voulait aller vers un islamisme à marche forcée et d'autre part la situation économique était catastrophique". Ce qui explique, selon le ministre, qu'il ait été renversé. Le ministre français a également appelé "au dialogue" et a condamné les "brutalités" peu avant de s'entretenir avec la chef de la diplomatie de l'Union européenne, Catherine Ashton, laquelle a rencontré durant la nuit l'ex-chef d'État islamiste sur son lieu de détention.

L'Union Européenne "a un rôle important" en Egypte

Au Caire, Catherine Ashton a assuré que l'ex-président allait "bien" et avait "accès aux informations", notamment via la télévision et les journaux. La diplomate a surtout plaidé en faveur d'une reprise du dialogue, alors que les violences se multiplient. "Nous avons déjà joué un rôle très important de facilitateur en Egypte, et nous allons continuer", a déclaré dans un point de presse le porte-parole de Catherine Ashton, Michael Mann. Avant d'ajouter que l'UE "a un rôle important" car "c'est presque la seule organisation avec laquelle tout le monde veut discuter en Egypte".

Si l'Europe est un acteur incontournable du dossier égyptien, cela s'explique en partie par des raisons financières. Un levier que Michael Mann n'exclut d'ailleurs pas d'utiliser, le montant global de l'aide se chiffrant à 450 millions d'euros pour la période 2011-2013. "Cela ne veut pas dire qu'il y a une pression directe" financière, "mais toute notre aide est conditionnelle et dans les derniers mois nous n'avons pas dépensé beaucoup car il n'y a pas eu assez de progrès dans la transition politique", a-t-il rappelé.