Une décision qui semble envenimer un peu plus la situation explosive qui règne en Egypte. Le gouvernement a chargé ce mercredi la police de mettre un terme aux sit-in des partisans du président déchu, Mohamed Morsi. Des épisodes particulièrement meurtriers sont en effet survenus récemment aux abords des sit-in pro-Morsi sur les places Rabaa al-Adawiya (nord-est du Caire) et Al-Nahda (près de l'université du Caire), où des milliers d'islamistes campent depuis un mois.

Le nouveau pouvoir a estimé que ces rassemblements n'étaient "plus acceptables". Il a "chargé le ministre de l'Intérieur de prendre les décisions adéquates" face à ces sit-in, considérés comme une "menace pour la sécurité nationale", après l'appel de l'armée aux Egyptiens à descendre en masse vendredi dernier pour "donner mandat" aux autorités d'en finir avec le "terrorisme". Cet appel fait craindre une intervention imminente même si aucune échéance n'a été précisée.

"Rien ne va changer"

De leur côté, les partisans du président islamiste, déposé par les militaires après des manifestations massives contre lui et depuis retenu dans un lieu secret, ont immédiatement rejeté cette menace, et retourné l'accusation de "terrorisme" contre les autorités. "Rien ne va changer", a déclaré un porte-parole de la coalition islamiste pro-Morsi, Gehad el-Haddad, interrogé pour savoir si ces rassemblements allaient cesser.

Ce développement dans l'épreuve de force entre le nouveau pouvoir soutenu par l'armée qui a destitué l'ancien président, et les Frères musulmans, intervient en pleins efforts diplomatiques pour trouver une issue politique au conflit. Plusieurs responsables étrangers sont attendus dans le pays à ce sujet dont l'envoyé spécial de l'UE au Moyen-Orient, Bernardino Leon, et le ministre allemand des Affaires étrangères Guido Westerwelle attendus mercredi soir au Caire.