Une annonce qui attise un peu plus les tensions dans une Egypte en pleine crise. Le procureur général a ordonné mercredi l'arrestation du Guide suprême des Frères musulmans, Mohamed Badie, ainsi que d'autres hauts responsables de la confrérie. Selon une source judiciaire, les cibles de ce mandat d'arrêt sont accusés d'incitation à la violence, en relation avec les heurts sanglants survenus lundi au Caire, durant une manifestation de partisans du président islamiste déchu, Mohamed Morsi. Lors de ces violences, 50 personnes ont trouvé la mort et 435 autres ont été blessées. La confrérie, qui a appelé au "soulèvement" après ce "massacre", a accusé des soldats et des policiers d'avoir ouvert le feu sans aucune raison sur les manifestants. De son côté, l'armée a assuré avoir répliqué à une attaque de "terroristes armés". A la suite de ces violences, 200 personnes ont été inculpées mercredi.

Refus d'entrer au gouvernement de transition

Mohamed Badie et d'autres responsables des Frères musulmans sont déjà sous le coup d'un mandat d'arrêt, pour de précédentes violences. Mais alors que les services de sécurité avaient annoncé l'arrestation jeudi du Guide suprême, il est apparu publiquement le lendemain au Caire, appelant les partisans de Mohamed Morsi à rester "mobilisés par millions" jusqu'au retour du président destitué.

Depuis que Mohamed Morsi, premier président issu de la confrérie, a été déposé le 3 juillet, le mouvement des Frères musulmans refuse de tourner la page. Mardi, alors que le nouveau Premier ministre, Hazem Beblawi, a essayé de leur tendre la main en les intégrant dans le gouvernement de transition, sa proposition a été rejetée. "Nous ne pactisons pas avec des putschistes. Nous rejetons tout ce qui émane de ce coup" militaire, a justifié Tareq Al-Morsi. Un autre responsable des Frères musulmans a pour sa part ajouté qu'"une déclaration constitutionnelle faite par un homme (Adli Mansour, président par intérim) nommé par des putschistes... ramène le pays à la case départ".