Journée décisive pour Mohamed Morsi. Alors que des millions d'opposants lui avaient fixé dimanche jusqu'à mardi 17 heurs pour quitter le pouvoir, l'armée a accentué lundi la pression en lui donnant 48 heures pour satisfaire les "demandes du peuple". Mais le président égyptien lui a adressé mardi matin une fin de non-recevoir.

"L'Egypte ne permettra absolument aucun retour en arrière quelles que soient les circonstances", a répondu le chef de l'Etat, qui s'est posé en garant de la "réconciliation nationale" et de la "paix sociale". Une mission traditionnellement imputée à l'armée.

Barack Obama appelle Mohamed Morsi

Le chef de l'Etat apparaît pourtant de plus en plus isolé. Après les démissions de quatre ministres lundi, celui es Affaires étrangères, figure importante du gouvernement, a à son tour quitté le cabinet mardi matin. Dans la foulée, un porte-parole du président et le porte-parole du gouvernement ont également claqué la porte.

Depuis la Tanzanie où il est en voyage officiel, Barack Obama a appelé son homologue égyptien mardi matin pour lui faire part de son inquiétude sur l'aggravation de la crise politique. Le président américain a indiqué que Washington était attaché "au processus démocratique et ne soutenait aucun parti ou groupe". "La démocratie ne se limite pas aux élections, a-t-il souligné. Il s'agit aussi de faire en sorte que les voix de tous les Egyptiens soient entendues et représentées par leur gouvernement, y compris les nombreux Egyptiens qui manifestent à travers le pays".