La mort violente d'un étudiant transalpin, dont le corps supplicié a été retrouvé début février dans un fossé, empoisonne les relations diplomatiques entre l'Egypte et l'Italie. A ce titre, le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi a donné une interview au journal italien La Repubblica, dans laquelle il affirme vouloir faire toute la lumière sur ce drame. "Je vous promets que nous ferons toute la lumière et que nous arriverons à la vérité, que nous oeuvrerons avec les autorités italiennes pour traduire en justice et punir les criminels qui ont tué votre fils", a déclaré Abdel Fattah al-Sissi, assurant que les enquêteurs travaillent "jour et nuit".

Que s'est-il passé ? Giulio Regeni, 28 ans, a disparu le 25 janvier au Caire. Son corps torturé a été retrouvé dix jours plus tard, dans un fossé, en banlieue de la capitale égyptienne. L'autopsie a permis de montrer que ce doctorant à l'université britannique de Cambridge - qui réalisait des recherches pour une thèse sur les mouvements ouvriers en Egypte -, a succombé à un coup violent à la base du crâne. Son corps comportait par ailleurs de nombreuses fractures, des coups répétés, des chocs électriques aux parties génitales ainsi que des brûlures.

"Nous rejetons ces accusations"

En Egypte, les milieux diplomatiques soupçonnent - comme la presse italienne et des ONG - une bavure des services de sécurité égyptiens, fréquemment accusés de détentions arbitraires et de tortures. A plusieurs reprises néanmoins, les autorités égyptiennes ont assuré que le ressortissant italien n'avait jamais été arrêté. Sans se prononcer directement sur l'enquête, le président égyptien a estimé que le meurtre visait, comme les attentats contre des touristes, à "frapper l'économie égyptienne et à isoler le pays", ciblant "les forces de l'extrémisme et du terrorisme".

Début février, le ministre égyptien de l'Intérieur, Magdy Abdel Ghaffar a vigoureusement rejeté les accusations visant ses forces de sécurité. "Nous ne nous contenterons pas de demi-vérités (...). Nous voulons que les vrais responsables soient identifiés et punis selon la loi", a affirmé le ministre affirmant que Giulio Regeni n'avait pas été "arrêté par la police". "Nous rejetons ces accusations", ces "rumeurs", "nous n'acceptons pas même qu'on y fasse allusion, ce ne sont pas les pratiques des appareils de sécurité de l'Etat", avait-il insisté.

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