Vendredi sanglant au Caire. Trois attentats ont eu lieu vendredi matin dans la capitale égyptienne, à la veille de l'anniversaire de la "révolution du 25-Janvier", qui a renversé le pouvoir du président Hosni Moubarak. Le bilan provisoire de ces attaques, qui ont toutes visé la police du Caire, était de cinq morts et plus de 80 blessés vendredi matin. L'attaque la plus sanglante a visé le QG de la police dans le centre-ville, à l'aube, avant l'ouverture des administrations. Au moins quatre personnes ont été tuées dans cet attentat à la voiture piégée. Un profond cratère, dans la chaussée, était visible à l'endroit de l'explosion qui a détruit en partie la façade du QG de la police et celle du musée islamique situé en face.

Selon les premiers éléments, un kamikaze a attendu que les policiers lèvent un barrage qui fermait l'accès de la rue menant au siège de la Direction de la police pour précipiter sa voiture bourrée d'explosifs contre le portail de l'entrée du bâtiment.

Appel à manifester samedi

Un peu plus tard dans la matinée, un engin explosif de faible puissance a explosé à proximité d'une station de métro du quartier de Dokk au moment où passait un véhicule de police. Un policier a été tué et quatre de ses collègues ont été blessés. Le troisième attentat a, quant à lui, visé un commissariat situé sur la grande artère menant aux Pyramides de Guizeh, dans l'ouest de la ville, mais n'a causé que des dégâts matériels.

Les attaques contre les forces de l'ordre se sont multipliées depuis la destitution par l'armée du président islamiste Mohamed Morsi, le 3 juillet dernier. Jeudi, cinq policiers sont morts dans l'attaque d'un poste de contrôle routier à Beni Suef, à une centaine de kilomètres au sud du Caire. Ces récentes attaques ont été revendiquées par des groupes jihadistes qui affirment agir en réponse à la sanglante répression des pro-Morsi, emmenés par les Frères musulmans.

Une coalition pro-Morsi condamne les attentats

Vendredi, néanmoins, une coalition pro-Morsi dirigée par les Frères musulmans a, immédiatement après les attentats, posté ce message sur Twitter : "Nous condamnons l'attentat du Caire et réaffirmons notre volonté de lutter pacifiquement contre le coup d'Etat".

Mobilisés, les partisans de Mohamed Morsi appellent à manifester à partir de samedi et durant 18 jours, soit le délai de la révolte populaire de 2011 qui a entraîné la chute du raïs. Pour contrer la protestation, le gouvernement intérimaire a également appelé ses partisans à manifester. Suite aux événements sanglants de ce vendredi, la journée de demain s'annonce comme celle de tous les dangers.