Au lendemain d'une soirée ubuesque pour l'UMP, le parti présidentiel a choisi de ne pas s'engouffrer dans la brèche. Et pour cause. La situation actuelle du parti d'opposition ressemble à s'y méprendre à celle vécue par les socialistes quatre ans plus tôt. Lors du congrès de Reims en 2008 (du 14 au 16 novembre 2008), le PS, dans une grande confusion et division, avait échoué à convenir d'une orientation et d'un leader. S'en suivra une semaine de psychodrame. Il faudra attendre la décision de la commission pour déclarer Martine Aubry vainqueur. "Je ne laisserai pas la victoire échapper aux militants", a même averti dimanche soir François Fillon reprenant une phrase lancée en 2008 par Ségolène Royal lors du fameux congrès.

"La gadoue, la gadoue"

"Je ne peux pas me réjouir de cette situation", a ainsi réagi le porte-parole du PS, David Assouline ce lundi. "La France a besoin bien sûr d'une majorité, d'un gouvernement qui agit, mais aussi d'une opposition qui fasse des propositions, qui soit constructive parce que nous sommes dans un moment où des orientations peuvent être débattues encore (...)" a-t-il expliqué sur iTélé. Et de poursuivre : "Ça ne peut pas être une bonne nouvelle que de voir que la droite est à ce point en situation de se marginaliser sur le plan de sa crédibilité".

Le Premier secrétaire du PS Harlem Désir "déplore" de son côté que l'UMP soit "totalement tournée vers elle-même et vers sa guerre des chefs". "Aujourd'hui la situation de l'UMP est marquée par la confusion, la contestation et la division. Confusion sur les votes - et je voudrais souligner le très grand contraste avec nos primaires qui ont été absolument exemplaires, avec leur organisation, avec leur transparence - confusion sur les valeurs, confusion sur l'attitude vis-à vis de l'extrême droite et sur les alliances", a-t-il déclaré. Selon lui, "il faut que l'UMP sorte de son congrès avec une situation clarifiée et une ligne réellement républicaine". "La démocratie a besoin, pour bien fonctionner, d'un dialogue de qualité entre la majorité et une opposition" tournant autour des "grands enjeux de la situation de notre pays et des réponses à apporter à la crise", a-t-il jugé.

Quelques ministres se sont risqués à 140 signes d'ironie. C'est le cas du ministre de l'Agriculture Stéphane Le Foll qui commente ainsi sur Twitter : "L'UMP sur l'air de la gadoue, la gadoue, la gadoue est coupée en deux. Une moitié pour, reste a créer l'UMC, l'une moitié contre." Quant à la ministre du Logement Cécile Duflot, elle écrit : "Là, on est très très loin de tout ce qu'ont pu expérimenter les écologistes...", en référence aux guerres internes qu'a connu son parti.