"Ces élections sont entachées de fraude et la Commission électorale a failli". Pour Anwar Ibrahim, chef de l'opposition malaisienne, les résultats des élections législatives de dimanche qui ont vu la victoire du Barisan Nasional (BN, Front national), coalition du Premier ministre sortant Najib Razak, sont à rejeter. Le parti au pouvoir depuis plus d'un demi-siècle a remporté, selon des résultats officiels quasi-définitifs, 133 des 222 sièges au Parlement, contre 85 pour le Pakatan Rayak (PR, Pacte populaire) d'Anwar Ibrahim.

"Tout recours judiciaire possible"

Pour le réformateur charismatique qui a fait de la lutte contre la corruption son cheval de bataille "vingt à trente sièges ont été perdus avec des majorités très faibles. Nous envisageons tout recours judiciaire possible", a-t-il ajouté. Pendant la campagne, le chef de l'opposition a averti à de nombreuses reprises qu'il ne se laisserait pas "voler la victoire", accusant le parti au pouvoir de fraudes électorales. Anwar Ibrahim a notamment dénoncé la présence de dizaines de milliers d'électeurs "douteux". Une crainte ravivée la semaine dernière après avoir découvert que l'encre "indélébile", dans laquelle les électeurs doivent tremper un doigt pour éviter les votes multiples frauduleux, partait en fait au premier lavage.

De son côté, le Premier ministre sortant a appelé l'opposition à "accepter le résultat" des élections "dans l'intérêt national". La reconduction du parti au pouvoir représente une victoire personnelle pour Najib Razak, un apparatchik de 59 ans qui a réussi à se muer en réformateur afin de moderniser l'image de son parti, la toute puissante Organisation nationale unifiée malaise (UMNO). Un parti essoufflé après 56 ans de règne quasi-absolu et cible de nombreuses accusations de corruption.