Encore une petite phrase qui pourrait faire jaser. Emmanuel Macron, en déplacement au Forum économique de Davos en Suisse, s'est de nouveau attaqué vendredi aux 35 heures. Selon lui, le projet de réforme du temps de travail signe "de facto" leur fin. Emmanuel Macron s'est dit favorable à ce que les heures supplémentaires soient majorées "beaucoup moins, voire pas du tout".

"Créer plus de flexibilité"

L'énarque a estimé que les salariés devaient pouvoir travailler plus, sans être payés plus "si les syndicats majoritaires sont d'accord". L'ancien banquier d'affaires a ainsi proposé des heures supplémentaires sans bonus en cas d'accord majoritaire.

"Aujourd'hui, la situation est que l'on travaille 35 heures par semaine, et qu'au-delà vous devez verser 25% en plus pour chaque heure" supplémentaire, a-t-il rappelé. "Vous pouvez négocier jusqu'à 10% au niveau de l'entreprise, mais on doit pouvoir aller plus loin", a-t-il ajouté. "Si vous pouvez négocier des accords majoritaires au niveau de l'entreprise pour n'avoir presque aucune surcompensation, cela veut dire que vous pouvez créer plus de flexibilité."

"C'était des fausses idées"

Ce n'est pas la première fois qu'il vise le temps de travail. En août dernier, à la veille de l'ouverture de l'université d'été du Parti socialiste à la Rochelle, Emmanuel Macron avait fustigé les 35 heures devant le Medef. "La gauche [...] a cru que la France pouvait aller mieux en travaillant moins, c'était des fausses idées", assurait-il alors devant un parterre de chefs d'entreprises. Une critique qui avait été perçue comme un camouflet chez une partie des socialistes. Il avait été recadré par Manuel Valls en personne, puis avait assuré que ses propos avaient été mal interprétés.

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Déjà en août 2014, dans une interview publiée dans Le Point, et réalisée avant sa nomination à Bercy, Emmanuel Macron souhaitait autoriser les entreprises à pouvoir déroger aux 35 heures. Quelques mots qui avaient provoqué un tollé sur ce sujet, véritable totem de la gauche, que Martine Aubry avait fait adopter en 1997.

La réforme du droit du travail présentée en mars

Cette nouvelle petite phrase fait écho aux propos de François Hollande. Quelques jours plus tôt, lors de la présentation de ses mesures pour l'emploi, le président de la République avait expliqué "que les accords d'entreprise pourront fixer les modalités d'organisation du temps de travail".

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Ces déclarations d'Emmanuel Macron précèdent la remise, lundi 25 janvier, par Robert Badinter à Manuel Valls, de ses propositions sur la réforme du code du travail. Le rapport de l'ancien ministre de la Justice servira de base à la réforme du droit du travail qui sera présentée début mars.

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