Au terme des six tables rondes qui ont eu lieu sur l'emploi, les retraites, les conditions de travail, l'Europe sociale, les services publics et les nouvelles filières, le gouvernement a publié samedi sa feuille de route, pour l'année en cours et la suivante, sur le front de la lutte contre le chômage.

Sauver la branche vieillesse

Après cette "conférence sociale", le Premier ministre Jean-Marc Ayrault a, entre autres annonces, avancé un calendrier pour la nouvelle réforme des retraites. A priori, un projet de loi sera présenté en septembre. Alors que la branche vieillesse est en déficit, aucune piste n'a cependant été précisée. En revanche une date a été posée, le 4 juillet, pour le début des concertations avec les partenaires sociaux.

L'objectif pour le gouvernement est aussi, "en quatre mois", d'amener 30.000 demandeurs d'emploi supplémentaires à une formation afin de pourvoir autant de postes non pourvus, faute de personnel compétent. Sur la durée, pour y remédier, une réforme de la formation professionnelle a été initiée.

Par ailleurs, le gouvernement a évoqué entre autres chantiers la consolidation de la "démocratie sociale", sa volonté de relancer l'Europe sur ce terrain et, dans l'absolu, d'améliorer la santé au travail. Peu enthousiastes, les syndicats ont pour la plupart dénoncé l'insuffisance des mesures en faveur de l'emploi, et ne sont pas parvenus, à l'issue de cette deuxième conférence sociale du quinquennat, à s'entendre avec les représentants du patronat.

Jean-Louis Borloo à la charge

On ne peut plus sévère quant à la ligne gouvernementale, le président centriste de l'UDI (Union des démocrates et indépendants), Jean-Louis Borloo, a estimé dans un entretien au Parisien, que cette conférence n'avait servi à rien. Selon lui, la promesse répétée de François Hollande d'inverser la courbe du chômage d'ici la fin de l'année tient de la "plaisanterie". Toujours selon lui, "on voit bien malheureusement que les emplois d'avenir ne sont pas une réponse à la hauteur" du problème, car, "la France est à l'arrêt" et l'on a "encore perdu un an pour réagir".

"Il y a une grande naïveté [de la part de F. Hollande] à penser que des emplois aidés font une politique pour l'emploi. Non, c'est une politique sociale de lutte contre l'exclusion qui n'empêche pas la dégradation des grands secteurs d'activité : automobile, bâtiment, services à la personne" a lancé l'ancien ministre de Jacques Chirac et Nicolas Sarkozy.

Ce faisant, en guise de conclusion, il a ironisé sur les propositions de l'actuel pouvoir PS : "la boîte à outils gouvernementale reste du niveau du bricolage".