EMPLOI
L'annonce : les emplois vacants dans le viseur
Reprenant un thème cher à Nicolas Sarkozy, François Hollande a annoncé un plan d'urgence pour former 30.000 chômeurs en quatre mois à des postes ne trouvant pas preneur parmi "200 à 300.000" non pourvus. "Au terme de cette conférence sociale, nous allons donc mettre en oeuvre un 'plan de formations prioritaires pour l'emploi'", a indiqué le Premier ministre Jean-Marc Ayrault, assurant qu'il ne s'agissait pas d'un "énième plan décidé sans concertation". Le ministre du Travail, Michel Sapin, réunira syndicats et patronat en juillet pour "recenser les besoins, par région et par secteur, préciser les outils utilisables immédiatement et mobiliser les financements", a précisé le chef du gouvernement, qui souhaite que ce dispositif profite en priorité aux chômeurs longue durée. "Nous devons rendre ce plan opérationnel dès la rentrée de septembre", a-t-il ajouté.

Les réactions :
Les syndicats ne sont pas vraiment séduits par le projet et restent sur leur faim. La CGT et la CFDT déplorent chacun des "manques": "manque d'annonces concrètes" pour Thierry Lepaon, "manque d'élan" pour Laurent Berger. Le premier nommé regrette une "opération de communication", "sans un mot sur le financement". Pour FO, les emplois vacants, idée rebattue "depuis 20 ans", sont le sapin qui cache la forêt puisqu'ils ne représentent que "0,2 à 0,3% des emplois, à mettre au regard des 36 millions de contrats qui sont signés chaque année" et des 5 millions d'inscrits à Pôle emploi.
Laurence Parisot, la patronne du Medef, a elle salué cette initiative : "J'ai tout de suite dit au président à quel point nous étions partants, je l'ai même encouragé. Nous pourrions agir assez vite parce que nous connaissons la situation".

RETRAITES
L'annonce : une concertation sur la future réforme à compter du 4 juillet
Le gouvernement va lancer à partir du 4 juillet ses réunions de concertation sur la future réforme des retraites en se basant sur les pistes du rapport Moreau censées inspirer le projet de loi attendu en septembre. L'allongement de la durée de cotisation, actuellement de 41,5 ans, semble la mesure principale privilégiée par le gouvernement, comme l'a confirmé le président François Hollande jeudi à l'ouverture de cette deuxième conférence sociale. Cet allongement s'appliquerait à tous, agents du public (fonctionnaires et régimes spéciaux), comme salariés du privé, ce qui permettrait au gouvernement de dire que tous les actifs ont été mis à contribution.

Les réactions :
Là encore, les syndicats se montrent hostiles au projet et n'ont pas manqué d'afficher leur mécontentement. Si la CFDT et la CFTC ne rejettent pas cette mesure mais l'assortissent de conditions et souhaitent qu'on n'aille pas jusqu'à 44 ans, la CGT et Force Ouvrière ne veulent pas en entendre parler, Jean-Claude Mailly, le dirigeant de FO, parlant de "ligne rouge" à ne pas franchir. La présidente de la CFE-CGC Carole Couvert a évoqué de son côté un "rendez-vous manqué". Dans les rangs du patronat, Laurence Parisot a bien qualifié la conférence de "très utile", mais la présidente du Medef a de nouveau appelé à un report de l'âge légal de départ -fixé à 62 ans d'ici 2017 par la réforme Sarkozy de 2010 - à 63 ans d'ici 2020 et 65 ans d'ici 2040, une piste exclue par François Hollande. Celle qui passera le relais en juillet à Pierre Gattaz s'est dite "consternée" par les positions des syndicats.