"Je n'irai pas à la Gay Pride, car l'heure n'est pas à la fête." Fervent militant de la cause homosexuelle, Louis-Georges Tin ne participera pas au grand défilé organisé samedi, à Paris, car il s'est lancé dans un autre combat : faire adopter une résolution aux Nations unies contre la pénalisation de l'homophobie. Il est en grève de la faim depuis lundi, avec deux militants du comité Idaho, pour faire pression sur François Hollande.

"Que vaut la parole de Hollande?"

"Je ne peux pas abandonner les homosexuels qui croupissent en prison sous prétexte que maintenant, je vais pouvoir me marier", explique le fondateur de la Journée mondiale contre l'homophobie et la transphobie. Cet intellectuel martiniquais, hostile à toute forme de discrimination, est également président du Cran, conseil représentatif des associations noires.

Reçu le 10 mai dernier par le nouveau président, Louis-Georges Tin a réclamé une action d'urgence avant novembre, pour s'assurer du soutien de l'administration Obama. Il est sorti décu jeudi d'une réunion sur le sujet organisée au Quai d'Orsay. "C'est le triomphe de la frilosité et de l'attentisme. Que vaut la parole de Hollande?"

Peine de mort pour les homos

Au ministère des Affaires étrangères, on reconnaît avancer "avec prudence" pour ne pas froisser les lobbies conservateurs. En 2008, Rama Yade, alors secrétaire d'Etat aux droits de l'homme, avait fait adopter une déclaration contre la pénalisation de l'homosexualité.

Aujourd'hui, environ 80 pays pénalisent l'homosexualité, et une dizaine appliquent même la peine de mort. "Cela laisse beaucoup de gens indifférents alors que c'est un scandale majeur", déplore Louis-Georges Tin.