Vincent Peillon prêche pour sa "morale laïque". Le ministre de l'Education présente lundi les modalités de l'enseignement qu'il veut mettre en place à l'école pour faire partager aux élèves "les valeurs de la République", sur la base d'un rapport de spécialistes qui lui sera remis dans la matinée sur le sujet. Metro fait le point sur les objectifs et les contours que ces cours devraient prendre.

Tous les élèves concernés

"La morale laïque, c'est comprendre, ce qui est juste, distinguer le bien du mal, c'est aussi les devoirs autant que des droits, des vertus, et surtout des valeurs", déclarait en septembre dernier Vincent Peillon en annonçant dans Le JDD sa volonté de mettre en place un enseignement qui "inculquerait aux élèves des notions de morale universelle". Il avait alors souhaité qu'il s'agisse d'une discipline à part entière, notée comme n'importe quelle autre matière. Mais selon des informations dévoilées récemment par La Croix, le rapport sur lequel le ministre se base pour délivrer ses orientations n'irait pas dans ce sens. Il suggérerait plutôt "de la concevoir sur un mode transversal" : dans le secondaire, les professeurs de français, d'histoire-géo, de philo, de sciences de la vie et de la terre ainsi que de sport seraient particulièrement mis à contribution. Une chose est sûre : tous les élèves seront concernés. Vincent Peillon avait en effet souhaité en septembre donner plus de lisibilité aux cours d'instruction civique existants en assurant "la continuité des enseignements de la maternelle à la terminale".

Une mise en place en 2015

La morale laïque ne fera son entrée dans les salles de classe qu'en septembre 2015 : il faut auparavant refonder les programmes de 2008, élaborer et imprimer les nouveaux manuels. Les professeurs devront aussi être formés. Cet enseignement fera l'objet d'une formation spécifique au sein des nouvelles écoles supérieures du professorat et de l'éducation.

Déjà des critiques

L'initiative de Vincent Peillon, plébiscitée par 91% des Français selon un sondage Ifop de septembre, n'avait pas manquée d'être critiquée par la droite. L'ex-ministre de l'Education Luc Chatel, en particulier, avait comparé son successeur au maréchal Pétain. Jean-François Copé avait quant à lui prévenu que "s'il s'agissait de dresser les enfants contre les religions, ce serait un dévoiement de la laïcité". De son côté en octobre, François Hollande avait défendu ce projet en estimant qu'il ne s'agissait pas "d'enrégimenter", mais de "permettre à chacun de construire sa liberté dans le respect de celle de tous les autres".