Un rassemblement condamné d'une voix unanime. Une enquête a été ordonnée dimanche pour identifier les organisateurs de la manifestation survenue samedi devant l'ambassade des Etats-Unis à Paris, en réaction à la vidéo islamophobe qui embrase depuis plusieurs jours le monde musulman. C'est «inacceptable », a commenté sur France 2 Manuel Valls, n'hésitant pas à s'offusquer de la présence au cours de ce rassemblement de "femmes entièrement voilées", de "prières de rue" et de "slogans hostiles à nos valeurs".
"Il n'y avait pas que des jeunes", mais aussi "des petits groupes que nous connaissons dans nos quartiers, qui prônent un islamisme radical", a indiqué le ministre. De nombreux manifestants arboraient ainsi la tenue salafiste. "A travers internet, à travers des déplacements dans des pays comme l'Afghanistan ou le Pakistan, il y a des jeunes dans nos propres quartiers qui peuvent être touchés par cette idéologie de la haine". "La menace est là", a mis en garde le responsable de la Place Beauvau.
Un « rassemblement uniquement pour les frères »
L'enquête, réclamée par le parquet de Paris, aura pour objet d'identifier les organisateurs de cette « manifestation non autorisée sur la voie publique ». Parmi les 200 à 250 manifestants, beaucoup ont expliqué s'être rendus place de la Concorde (VIIIe arrondissement) après avoir reçu des SMS ou des messages sur les réseaux sociaux. Comme l'a précisé dimanche à Metro une source proche de l'enquête, un appel similaire, pour dénoncer « l'ignoble film réalisé sur notre prophète » avait déjà été lancé vendredi, mais n'avait conduit à aucun défilé.
Samedi, en revanche, le nouvel appel à un « rassemblement uniquement pour les frères » a cette fois fait mouche. Mais, selon la préfecture de police de Paris, les manifestants ont rapidement été dispersés ou interpellés. En fin de journée, 152 personnes avaient ainsi été arrêtées pour contrôle d'identité et un jeune de 16 ans, soupçonné de violences à l'encontre de policiers, placé en garde à vue. Selon nos informations, il a été libéré dimanche matin. De son côté, le Conseil français du culte musulman a tenu à appeler hier à "pas associer l'ensemble des musulmans de France à des événements marginaux comme celui-ci".

















