La possibilité d'une île... sans chat. En Nouvelle-Zélande, Gareth Morgan mène un combat bien à lui : sauver le kiwi. Pas le fruit mais l'oiseau, emblème national du pays. Et pour sauver le volatile, cet homme d'affaires devenu ambassadeur de l'Unicef et défenseur de l'environnement propose tout bonnement d'éradiquer les chats, principaux prédateurs des kiwis.

Pour se justifier, le Néo-Zélandais - qui s'est évidemment attiré les foudres des félinophiles - s'appuie sur une étude montrant qu'un chat tue en moyenne au moins 13 oiseaux ou animaux endémiques par an. Selon lui, les félins sont un véritable fléau dans un pays qui a déjà perdu de nombreuses espèces de volatiles et où 37% des espèces vivantes sont menacées par des prédateurs introduits, plaide-t-il. Il a d'ailleurs lancé un site Internet pour évoquer ce problème.

Pas d'abattage systématique

Cependant, loin de proposer un abattage systématique des chats, il suggère que leurs propriétaires les gardent enfermés jusqu'à la fin de leur vie et ne les remplacent pas une fois morts. "Evidemment je ne suis pas en train de vous suggérer d'aller sans plus attendre faire un sort à votre ami à fourrure d'un coup sur la tête", écrit Gareth Morgan dans une tribune publiée mercredi par le Dominion Post.

"Mais si vous êtes préoccupés par les enjeux de conservation, vous devez reconnaître que nous protégeons un tueur-né", dit-il. Un discours non confirmé par des scientifiques qui, s'ils reconnaissent le chat comme un prédateur des oiseaux, ajoutent aussi que l'animal est bien utile pour limiter la propagation des rongeurs, des lézards ou encore des serpents. Il suggèrent d'ailleurs de doter ces serial killers d'un collier avec une clochette, ce qui permettrait de réduire, selon leurs estimations, de moitié le carnage envers les oiseaux et notamment les kiwis.

Un tollé en Nouvelle-Zélande

"Personne n'a jamais calculé le nombre d'oiseaux que ces chats tuent par rapport au rat. Je ne dis pas qu'ils sont bons pour les oiseaux, mais ce n'est pas une idée totalement farfelue", a avancé un biologiste de l'institut de recherche public Landcare, John Inne.

Le discours de Gareth Morgan a provoqué un tollé en Nouvelle-Zélande. De nombreux lecteurs - un foyer néozélandais sur deux possède un chat - sont montés au créneau et le directeur de la Société pour la prévention des traitements cruels contre les animaux (SPCA) a renvoyé le défenseur de l'environnement dans ses 22 : "Je réponds à Gareth Morgan de nous laisser vivre en paix", a feulé le directeur de la Société pour la prévention des traitements cruels contre les animaux (SPCA). En somme, passé l'effet d'annonce, il n'y a pas de quoi fouetter un chat.