À l'issue de neuf heures de réunion, les ministres des Finances de la zone euro ont réussi à s'accorder, cette nuit à Bruxelles, sur un plan d'aide à l'Espagne qui devrait se traduire dès la fin du mois par un versement de 30 milliards d'euros.
"Nous sommes parvenus à un accord politique sur un projet de mémorandum" concernant l'aide aux banques espagnoles, a déclaré le président luxembourgeois de l'Eurogroupe M. Juncker qui a été renommé à cette occasion pour un nouveau mandat théorique de deux ans et demi. Le but est de "formaliser l'accord dans la seconde partie du mois, ce qui permettra un versement de 30 milliards d'euros d'ici la fin du mois", a-t-il poursuivi. Une nouvelle réunion de l'Eurogroupe se tiendra fin juillet. La maturité des prêts à l'Espagne pourra aller "jusqu'à 15 ans", mais sera en moyenne de "12 ans et demi", a précisé le président de l'Eurogroupe. La zone euro a ainsi mis sur la table une enveloppe pouvant atteindre 100 milliards d'euros. Mais le montant final dépendra des besoins effectifs calculés établissement par établissement.
"Supervision des banques"
L'aide se fera sous conditions, parmi lesquelles , "une régulation forte concernant la limitation des salaires des dirigeants" des banques, a précisé le ministre allemand des Finances, Wolfgang Schäuble. Les ministres se sont également mis d'accord pour que l'Espagne soit autorisée à ne ramener son déficit public à 3% du PIB qu'en 2014 au lieu de 2013. En échange, Madrid devra présenter d'ici la fin du mois un plan d'ajustement pour 2013 et 2014. L'objectif étant désormais de parvenir à un déficit public de 6,3% cette année, 4,5% en 2013 et 2,8% en 2014.
La Commission devrait par ailleurs présenter "des propositions d'ici début septembre sur une supervision des banques passant par la Banque centrale européenne, de manière à ce que le projet soit prêt d'ici la fin de l'année", a indiqué le commissaire européen aux Affaires économiques Olli Rehn. Un "calendrier ambitieux mais réaliste",selon M. Moscovici, expliquant que cela permettrait "de traiter la racine de la crise en cassant la boucle qui se crée entre crise bancaire et crise souveraine". La France souhaite en outre que la recapitalisation directe soit rétroactive et puisse bénéficier aux banques espagnoles. Cette recapitalisation directe ne nécessitera pas de garantie de la part des Etats, ont assuré M. Juncker et M. Rehn, levant des ambiguïtés apparues ces jours derniers.
L'examen des finances de la Grèce et les besoins de Chypre pour aider ses banques étaient également au programme de cette réunion particulièrement chargée, mais les décisions ont été reportées.















