Après cinq jours d'escale à Moscou, Edward Snowden doit commencer à trouver le temps long. L'ex-consultant de la NSA, soupçonné d'espionnage par les Etats-Unis, est actuellement au cœur d'un imbroglio diplomatique. La Havane, Caracas ou Quito ont été un temps évoquées comme point de chute pour le "lanceur d'alerte". Mais tout porte à croire qu'il va devoir poser ses valises plus longtemps que prévu dans la zone de transit de l'aéroport Cheremetievo.

"Je ne vais pas envoyer des avions pour attraper un pirate informatique de 29 ans", a assuré ce jeudi Barack Obama, lors d'une visite à Dakar. Le président américain cherche à calmer le jeu après plusieurs jours aux faux airs de guerre froide. Mais force est de constater que Washington a cloué au sol le jeune homme. Son passeport a été annulé par les Etats-Unis, et il "n'a pas de papiers valables. Pour cette raison, il ne peut aller ni à Cuba, ni où que ce soit", a affirmé jeudi une source proche de dossier, citée par l'agence publique Ria-Novosti. Sans parler des rumeurs selon lesquelles Washington pourrait ordonner d'intercepter son avion lors du passage dans l'espace aérien américain... Comme le relève le quotidien russe Védomosti, "de nombreux pays dans le monde ont peur d'une confrontation avec les Etats-Unis." Surtout que l'administration Obama ne semble pas prête à lâcher prise.

"Plus vite Snowden choisira sa destination finale, mieux ce sera"

Washington ne cesse en effet de réclamer l'arrestation et l'extradition d'Edward Snowden depuis qu'il est arrivé à Moscou dimanche en provenance de Hong Kong et menace la Russie et la Chine de répercussions. L'informaticien américain, qui s'était réfugié à Hong Kong en mai avant de faire ses révélations fracassantes, encourt 30 ans de prison dans son pays où il est inculpé d'"espionnage". La Maison Blanche a assuré mercredi que les responsables américains avaient des "discussions avec des responsables du gouvernement russe", et espéraient toujours un retour au bercail. Faux, à en croire Moscou.

Edward Snowden est "un homme libre. Plus vite il choisira sa destination finale, mieux ce sera, et pour nous et pour lui", a assuré pour sa part le président russe Vladimir Poutine, lors d'une visite en Finlande mardi. Il "a le droit de partir où il veut, dans n'importe quelle direction (...). Nous n'avons rien à lui reprocher du point de vue juridique", a déclaré de son côté le chef de la diplomatie Sergueï Lavrov.

En attendant que Moscou et Washington accordent leur violon, l'homme invisible regarde passer les avions. "Snowden laisse partir un nouveau vol pour Cuba", a annoncé la télévision publique russe, après le départ jeudi d'un nouveau vol, alors que le jeune homme était censé prendre l'avion pour La Havane lundi. Qu'il se rassure : un prochain courrier est prévu ce samedi.