Toujours invisible, Edward Snowden fait néanmoins passer ses messages. Si l'on savait que le lanceur d'alerte américain, retranché dans l'aéroport de Moscou depuis le 23 juin, avait réclamé asile à l'Equateur et à la Russie - avant de renoncer à cette dernière - d'autres pays se sont rajoutés à la liste, selon une information rendue publique mardi matin par l'association fondée par Julian Assange, WikiLeaks. Celle-ci apporte assistance au fugitif, via sa conseillère juridique, Sarah Harrison, une jeune journaliste britannique chargée de trouver un point de chute au plus célèbre fugitif du moment.

"Il est en danger, nous devons l’aider"

Au total, l'homme à l'origine de la révélation d'un vaste programme d'espionnage organisé par les autorités américaines, "cible" 21 Etats à travers le monde. Comme l'Allemagne ou la Grande-Bretagne - pourtant alliée indéfectible des Etats-Unis - la France fait partie de ses destinations rêvées. De quoi donner du grain à moudre à toutes les personnalités ou partis politiques hexagonaux qui se sont déjà prononcés en faveur de l'asile de l'Américain sur le sol national.

"Snowden a rendu un service immense à notre sécurité nationale et à l’Europe. Il est en danger, nous devons l’aider. Dans ce cas, l’asile politique est notre tradition. Sinon les Etats-Unis s’essuieront les pieds sur nous !", a ainsi tonné Jean-Luc Mélenchon (Parti de gauche), interrogé, lundi, par metronews. Même son de cloche du côté des écologistes - qui participent au gouvernement - mais également du Front national. Du côté du PS, la prudence est de mise. Interrogé sur ce point lundi, son Premier secrétaire, Harlem Desir, a préféré botter en touche, préférant, comme François Hollande, à réclamer des explications aux Américains sur leur sulfureux programme d'espionnage. Celles-ci devraient intervenir prochainement, a promis Barack Obama.