Google et Yahoo espionnés par la NSA : la révélation n'est pas nouvelle, les deux géants du web étant déjà cités dans des documents dévoilés par Edward Snowden en juin. Mais de nouveaux éléments révélés ce jeudi par le Washington Post donnent une idée de l'ampleur de cette surveillance.

Citant de nouveaux documents obtenus auprès de l'ex-consultant de la NSA, le quotidien américain révèle que ce programme est baptisé "MUSCULAR", et qu'il est mené en liaison avec l'homologue britannique de la NSA, le GCHQ. Concrètement, les deux agences récupèrent des données depuis les fibres optiques utilisées par les géants d'internet. Rien que durant le mois de janvier, quelque 181 millions d'éléments ont ainsi été collectés : des métadonnées sur des emails mais aussi des éléments de texte ou des documents audio ou vidéo.

Google "scandalisé"

L'un de ces documents, rendu public par le Washington Post, donne une idée simple de ce processus. Un schéma griffonné sur un post-it l'expique, avec forces flèches et quelques précisions manuscrites. Dont l'une laisse à penser que les ingénieurs de la NSA ne sont finalement que de grands enfants qui jouent avec leurs outils : un smiley ! Qui, dans ce contexte, prend l'allure d'un pied de nez victorieux des ingénieurs aux géants de l'informatiques qu'ils surveillent.

Du côté des entreprises concernées, ce smiley fait rire jaune. Les deux compagnies oint réagi en répétant ce qu'elles avaient déjà dit en juin, à savoir qu'elles n'avaient jamais collaboré avec la NSA. "Nous avons mis en place des contrôles très stricts pour protéger la sécurité de nos centres d'hébergement de données", a ajouté Yahoo. Chez Google, on est monté d'un ton : "Nous sommes scandalisés par l'étendue de ces interceptions menées par le gouvernement à partir de nos propres réseaux privés de fibres (optiques), ce qui souligne le besoin d'une réforme urgente", écrit dans un communiqué le responsable juridique de l'entreprise, David Drummond.

Comme à son habitude depuis que dure cette affaire, la NSA ne s'est pas expliquée officiellement. Son chef, le général Keith Alexander, interrogé sur ce point lors d'une conférence à Washington, a tout de même déclaré que ces nouvelles révélations lui semblaient incorrectes : "A ma connaissance, une telle activité n'a jamais eu lieu". C'est un peu court, général.