L’homme qui ne dit pas non. L’administration Obama a fait savoir par la voix de son ministère de la Justice, jeudi qu’elle ne s’opposerait pas aux nouvelles lois qui permettent l'usage du cannabis à des fins récréatives dans les Etats du Colorado et de Washington. Dans un communiqué, le ministère dit espérer que les deux Etats encadreront "de manière stricte" l'usage du cannabis afin d'éviter que sa culture et sa vente ne bénéficient à des organisations criminelles. Dans le même temps, les autorités fédérales disent avoir prévenu les gouverneurs du Colorado (ouest) et de l'Etat de Washington (nord-ouest) qu'elles "renoncent à leur droit de contester les lois portant sur la légalisation" du cannabis.

Couper l'herbe sous le pied des trafiquants

L'an dernier, le Colorado et l'Etat de Washington ont légalisé la consommation de cannabis à des fins récréatives. Au Colorado, l'usage personnel, la possession et la culture à domicile, de façon limitée, de la marijuana sont désormais légaux. De son côté, le Vermont, au nord-est des Etats-Unis, a dépénalisé en mai la possession de petites quantités. L'utilisation de la marijuana à des fins médicales est déjà autorisée dans plusieurs Etats.

Réputé pour être l’un des pays au monde les plus durs en matière de lutte contre la drogue, les Etats-Unis amorcent un changement de stratégie. Plutôt que de combattre les mafias à coups de milliards de dollars (20 à 25 milliards par an pour les seuls Etats-Unis, source DEA), ils légalisent la possession et la culture de cannabis en petite quantité, coupant ainsi l’herbe sous le pied des trafiquants.

Vers un changement de stratégie globale ?

Cette stratégie trouve de plus en plus d’échos sur le continent américain. En effet, l’Uruguay a voté une loi le 31 juillet dernier allant dans ce sens. Celle-ci prévoit notamment que l'État "assume le contrôle et la régulation de l'importation, de l'exportation, de la plantation, de la culture, de la récolte, de la production, de l'acquisition, du stockage, de la commercialisation et de la distribution du cannabis et de ses dérivés". "Cela ne signifie pas que nous devons cesser de lutter contre le trafic de drogue, cela signifie qu'il faut le combattre dans ses aspects substantiels, sans nous en prendre à l'usager qui a 40 grammes dans la poche", avait estimé Sebastian Sabini, l’un des députés uruguayens favorable à cette loi. Si elle est promulguée, l’Uruguay deviendrait le premier pays au monde qui contrôle la production et la vente du cannabis.