L'an dernier en moins de six mois, deux massacres ont ravivé le débat sur les armes à feu aux Etats-Unis. Le 20 juillet, James Holmes, 25 ans, fait irruption dans un cinéma d'Aurora (Colorado) où il tue 12 spectateurs. Le 14 décembre à Newton (Connecticut), Adam Lanza, 20 ans, abat 20 enfants et 6 adultes dans une école élémentaire. Cette semaine, alors que le procès du premier vient de commencer, les élus du Connecticut s'apprêtent à tirer la leçon du drame de Newton.

Les législateurs de l'Etat à majorité démocrate ont en effet "annoncé lundi qu'ils s'étaient mis d'accord sur ce qu'ils considèrent comme la plus ambitieuse législation sur les armes à feu du pays", rapporte le New York Times. La loi doit être votée mercredi. Première mesure prévue : l'extension de la liste des armes d'assaut déjà interdites dans le Connecticut. Les achats d'armes seront par ailleurs encadrés plus strictement. Par exemple, pour se munir d'un fusil, l'acheteur devra désormais recevoir une formation, se faire relever les empreintes digitales et se soumettre à une vérification de ses antécédents criminels.

Obama tente de sauver sa réforme

Les anti-armes n'ont en revanche pas obtenu tout ce qu'ils espéraient sur la question des chargeurs : ceux qui peuvent emmagasiner plus de dix balles seront désormais interdits à la vente mais ceux qui ont déjà été vendus devront seulement se faire enregistrer. L'Etat de New York était allé plus loin dans sa réforme, votée en janvier, qui interdit purement et simplement leur possession. Se déclarant déçu sur ce point, Ron Pinciaro, président d'une association anti-armes du Connecticut, a admis que "quand on regarde l'ensemble des éléments (de cette loi), on peut effectivement dire que c'est la plus dure du pays".

Quoi qu'il en soit, le Connecticut et New York sont sans nul doute en avance sur Washington. Au Congrès, les ambitieux projets de réforme de la législation sur les armes à feu de Barack Obama s'enlisent en effet, sous l'effet du lobbying puissant de la National Rifle Association (NRA). L'interdiction de la fabrication et de la vente de nouvelles armes d'assaut est ainsi en passe d'échouer. Alors que le vote est prévu pour la semaine prochaine au Sénat, le président a tenté jeudi dernier de réveiller l'émotion provoquée par le massacre de Newtown. "C'est arrivé il y a moins de 100 jours. Le pays entier a été choqué, le pays entier a juré que nous ferions quelque chose et que cette fois serait différente", a-t-il lancé. "Honte à nous si nous avons oublié. Je n'ai pas oublié ces enfants. Honte à nous si nous avons oublié."