Aux Etats-Unis, tous les regards seront rivés cette semaine sur la Cour suprême. Traditionnellement, les derniers jours avant la pause estivale sont en effet pour l'institution la "saison des crues" : les neuf juges rendent leurs dernières décisions et ont l'habitude de garder les sujets majeurs pour la fin. L'an dernier, c'était la réforme de l'assurance-maladie de Barack Obama ; cette année, c'est le mariage homosexuel.

53% des Américains approuvent le mariage homosexuel

Alors que celui-ci reste impossible dans 38 Etats sur 50, l'instance va devoir trancher sur deux recours qui lui ont été présentés à l'automne dernier. Dans le premier cas, une veuve homosexuelle de New York réclame de toucher les mêmes droits que les autres couples mariés. Elle accuse donc la loi fédérale de défense du mariage (DOMA) – qui définit le mariage comme ne pouvant être conclu qu’entre un homme et une femme – d'être contraire au principe d'égalité défendu par la Constitution. L'autre recours, déposé par un couple de Californie, réclame que l'interdiction du mariage homosexuel dans cet Etat, ou "proposition 8", soit abrogée.

Dans cette bataille, les homosexuels ont reçu l'appui de Barack Obama ainsi que du couple Clinton, qui avait pourtant signé la DOMA... que Bill avait promulguée quand il était à la Maison-Blanche. Les temps ont changé et aujourd'hui, 53% des Américains approuvent le mariage homosexuel, selon un récent sondage Gallup. Mais la Cour suprême pourrait se montrer réticente à engager brusquement tout le pays sur cette voie et donc botter en touche. Le suspense est total.