L'accusation a fait son choix : "pour James Holmes, la justice, c'est la mort". C'est en ces termes que le parquet de l'Etat américain a annoncé lundi son intention de requérir la peine de mort contre l'auteur de la tuerie d'Aurora, dans le Colorado. C'était le 20 juillet dernier. James Holmes, 25 ans, faisait irruption dans cinéma lors de la projection du dernier Batman et ouvrait le feu sur le public. Bilan : 12 morts et 70 blessés.

Son procès n'aura pas lieu avant le mois d'août. Mais du côté de l'accusation, comme de la défense, chacun peaufine son dossier, et sa stratégie. Le procureur George Brauchler a entendu au total 800 personnes, survivants de la fusillade, blessés et familles des victimes. Il s'était également engagé à consulter les familles des victimes, avant de décider s'il demanderait la peine capitale. C'est désormais chose faite. "En vertu de toutes les informations dont je dispose, il est dans mon intention de requérir que dans cette affaire, pour James Holmes, la justice, ce soit la mort", a-t-il annoncé devant le tribunal de Centennial ce lundi, lors d'une audience préliminaire.

La stratégie de la défense : plaider la folie

Du côté de la défense, les avocats de James Holmes étaient prêts à un compromis : que leur client plaiderait coupable, au profit d'une condamnation à la prison à perpétuité sans possibilité de libération anticipée. Dans le système judiciaire américain, plaider coupable permet en effet d'éviter un procès, en passant un accord avec le bureau du procureur. Mais la proposition a été rejetée par l'accusation.

Désormais, la défense promet de "tout faire pour garder son client en vie", selon une de ses avocates. Sa stratégie : plaider la folie. Avant l’ouverture du procès, les avocats de Holmes vont devoir réunir les éléments suffisants pour prouver que l’ancien étudiant en neurosciences souffre de troubles mentaux.

Leur tâche sera rude. James Holmes est poursuivi pour 166 chefs d'accusation, parmi lesquels 12 meurtres avec préméditation et des dizaines de tentatives de meurtre avec préméditation pour tous les blessés. Il est également poursuivi pour détention d'explosifs et d'engins inflammables. A l'issue de son procès, il rejoindra donc peut-être les trois autres prisonniers qui attendent dans le couloir de la mort au Colorado, où aucune exécution n'a eu lieu depuis 1979.