Tenter le tout pour le tout. Trois semaines avant la première primaire républicaine dans l’Iowa, les candidats ont multiplié jeudi soir les attaques pour faire flancher Donald Trump, l’improbable candidat milliardaire en tête des sondages. Sans grand succès.

Ted Cruz, le sénateur ultra-conservateur du Texas, s’est ainsi offert un mano a mano avec lui lors de ce sixième débat républicain organisé en Caroline du Sud. Il faut dire que Donald Trump a ressorti récemment des tiroirs un vieux dossier sur Ted Cruz : sa naissance au Canada, qui pourrait l’empêcher selon lui de briguer la présidence des Etats-Unis. "En septembre, mon ami Donald affirmait (...) que ce n'était pas un sujet. Depuis, la Constitution n'a pas changé, mais les chiffres des sondages eux ont évolué", a ironisé le sénateur, évoquant sa remontée dans l'Iowa. "Un énorme point d'interrogation pèse sur votre candidature, vous ne pouvez pas faire ça au parti", a rétorqué le milliardaire.

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Trump, le "Kim Kardashian de la politique"

Quand Ted Cruz a évoqué la possibilité de lui offrir le poste de vice-président, le magnat de l'immobilier a écarté ce scénario d'un revers de main. "Si cela ne marche pas, je retournerai à la construction d'immeubles !", a lancé Donald Trump, très à l’aise dans cette joute verbale. Pour preuve, cet échange sur New York : après une longue tirade du sénateur du Texas contre "l'esprit new-yorkais" qu'il juge beaucoup trop à gauche, le milliardaire s'est engouffré dans la brèche, dénonçant “les propos insultants" de son rival. "New York est un lieu fantastique", a-t-il lancé, évoquant, sous des applaudissements nourris, la réaction "magnifique" de ses habitants après les attentats du 11 septembre 2001.

Avant même le début du débat, les autres candidats avaient rompu cette semaine avec la relative neutralité. Dans un nouveau spot jeudi, le candidat Jeb Bush a répété sa consternation : "Donald Trump est un pauvre type" ("jerk") qui s'est moqué d'un journaliste handicapé. Une autre candidate plus marginale, Carly Fiorina, a traité Trump de "Kim Kardashian de la politique". Même les dirigeants du parti sont sortis de leur silence mardi, par la voix de Nikki Haley. la plus jeune gouverneure du pays (43 ans, Caroline du Sud) qui a représenté le parti au Congrès après le discours de Barack Obama. "Certains croient qu'il suffit d'être le plus bruyant pour changer les choses", a déclaré cette dernière, visant ouvertement Donald Trump, comme elle l'a reconnu le lendemain. "Souvent, la meilleure chose à faire consiste à baisser le volume".

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