L'émotion suscitée par la tragédie de Newton le 14 décembre dernier, l'une des pires tueries qu'aient jamais connu les Etats-Unis, a laissé place aux tractations politiques. Au lendemain de ce drame, qui a coûté la vie à 26 personnes, dont 20 enfants, Barack Obama avait promis de durcir la loi sur les armes aux Etats-Unis. Quatre mois après l’événement et alors que deux faits-divers impliquant de tous jeunes enfants et des armes à feu viennent relancer la polémique sur le sujet outre-Atlantique, les premiers votes doivent avoir lieu ce jeudi au Sénat.

Malgré ces drames, l'évolution de la législation sur les armes à feu, qui trouve sa place au plus haut de la Constitution des Etats-Unis, divise les élus américains. Si plusieurs Etats, notamment le Connecticut, ont durci ces derniers mois leur législation locale sur les armes à feu, plus encore ont étendu leur usage.

Un accord avant le vote

Pour donner au texte présenté ce jeudi au Sénat une chance accrue d'être adopté, un compromis entre démocrates et républicains a été trouvé. Il porte sur l'extension des vérifications d'antécédents judiciaires et psychiatriques des acheteurs, ont indiqué mercredi les sénateurs des deux camps Joe Manchin et Pat Toomey. Au niveau national, ces vérifications ne s'appliquent qu'aux vendeurs professionnels. L'accord bipartite l'étend aux foires d'armes à feu, lieu important d'échange aux Etats-Unis, ainsi qu'à internet comme le souhaitait le président Obama.

Mi-janvier, ce dernier avait présenté un plan ambitieux pour réduire la dangerosité que représente la légalisation sur les armes aux Etats-Unis. Parmi les mesures présentées, l'interdiction des armes d'assaut a déjà été retirée en commission. En déplacement lundi dans le Connecticut, Barack Obama a tenté une nouvelle fois de peser sur le vote du Congrès. L'ensemble des mesures présentées "ont le soutien d'une majorité des Américains. Toutes méritent un vote", a-t-il déclaré. A ses côtés, se trouvaient des familles de victimes de la tuerie de Newton.