Un message posthume pour expliquer son geste. Le directeur d'une école élémentaire d'Evry, soupçonné d'avoir filmé des fillettes dans sa classe et qui s'est jeté lundi sous un RER, a laissé un enregistrement dans lequel il explique son suicide, a révélé mardi le procureur de la République à Evry au cours d'une conférence de presse.

Un dictaphone a en effet été retrouvé sur l'enseignant de 52 ans. Il y explique "mettre fin à ses jours dans la mesure où les faits ont été portés aux services de police et qu'il ne peut pas supporter l'idée de devoir répondre de cela à la justice", a déclaré Eric Lallement. Une enquête avait été ouverte à son encontre par le parquet lundi après la découverte vendredi d'un système vidéo, dans sa salle de classe, par quatre petites filles de CM2 qui se changeaient avant une activité périscolaire de danse. "Ces élèves ont vu une lumière clignoter à l'intérieur d'un dossier (...) dans lequel un trou avait été pratiqué", a-t-il détaillé. "Il y avait une caméra en mode de fonctionnement", que l'enseignant est venu chercher "dans l'après-midi".

EN SAVOIR + >> Soupçonné de filmer des petites filles, il se jette sous le RER

Cellule psychologique

Les familles des enfants avaient déposé plainte, entraînant l'ouverture de cette enquête notamment pour "captation d'images dans un lieu privé" et "captation d'images de mineurs". Les enquêteurs avaient alors entamé les auditions des parents et des enfants lundi avant de constater "le départ de l'enseignant mis en cause" de l'établissement. Il était en fait parti se jeter sous un RER au Coudray-Montceaux (Essonne).

"Une seule caméra" a été retrouvée dans l'école et "aucun élément d'agression corporelle" n'a été constaté, a également précisé le procureur, qui souligne qu'il n'y a "pas d'éléments permettant de penser" que d'autres captations d'images ont été réalisées. Des documents "visuels et vidéo" ont été récupérés dans la classe, ainsi que du matériel informatique chez lui, "qui seront exploités". Ce directeur d'école, sans antécédent judiciaire et apprécié des parents, enseignait "depuis environ 12 ans" dans l'établissement Maréchal-Leclerc d'Evry, a déclaré Lionel Tarlet, directeur académique de l'Essonne. Une cellule psychologique a été mise en place dans l'école élémentaire où les cours ont repris.

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