L'un s'exprime dans Le Parisien, l'autre dans le JDD. A une semaine de l'élection pour la présidence de l'UMP, François Fillon et Jean-François Copé s'affrontent dimanche par voie de presse interposée. Et c'est le premier qui se montre le plus offensif.

L'ancien Premier ministre reproche ainsi à son rival de "rechercher le buzz à tout prix", prenant l'exemple des "viennoiseries". L'anecdote choc du pain au chocolat arraché par des "voyous" à un enfant pendant le jeûne du ramadan, "ça peut éventuellement marcher de façon immédiate , mais pas sur le long terme", tacle-t-il. Et François Fillon en remet une couche. Selon lui, les propositions de son rival "ne vont pas dans le bon sens" car "l faut absolument essayer de rassembler le pays pour qu'il accepte des réformes difficiles".

"Beaucoup d'insatisfaction chez les militants"

A la lecture du Parisien, Jean-François Copé a peut-être regretté de ne pas avoir été plus mordant avec son adversaire. Dans le JDD, le secrétaire général de l'UMP se contente de fanfaronner en assurant que la campagne pour la présidence de l'UMP a tourné autour de ses "seules propositions", car les Français sont préoccupés par "la perte de compétitivité" et le "communautarisme". "Cette campagne interne a bien révélé deux lignes politiques distinctes, souligne-t-il. D'un côté, j'avance des propositions avec une seule obsession: répondre aux préoccupations des Français, sans égard pour le politiquement correct. De l'autre, on critique une pseudo-droitisation, mot codé inventé par la gauche pour interdire à la droite républicaine de parler des souffrances des Français."

Il n'y a pas que sur le terrain des idées que les deux hommes s'opposent. François Fillon attaque également son adversaire sur son bilan à la tête du parti. Certes, "le nombre d'adhérents est convenable grâce à l'attrait que créait Nicolas Sarkozy", lâche-t-il. "En revanche, je ressens beaucoup d'insatisfaction chez les militants sur le fait qu'on ne leur demande pas leur avis. Ils ont le sentiment de recevoir toujours des instructions depuis Paris qui ne sont pas forcément bien adaptées au terrain."

Pas de doute, l'ex-chef du gouvernement, reparti en campagne samedi après trois jours d'hospitalisation au Val-de-Grâce pour des calculs rénaux, a retrouvé du tonus. A ce propos, le Premier ministre déclare avoir joué de malchance, après une première alerte début octobre et un accident de scooter cet été. "Moi qui n'ai quasiment jamais eu de problèmes de santé...", lance-t-il.