La bienséance veut qu'un ancien Premier ministre ne critique pas son pays en terre étrangère. François Fillon n'en a que faire et passe sans complexe d'une polémique à l'autre. Ainsi, après ses propos controversés sur le FN, l'homme, désormais imprévisible, a ouvertement critiqué la position française sur la Syrie devant... Vladimir Poutine. Et pour être sûr que ses sorties sur la scène russe soient largement reprises dans l'Hexagone, il a pris soin de les tweeter.

"Nous avons, vous et nous, Russes et Européens, une influence déterminante sur les deux camps qui s'opposent en Syrie", s'est-il félicité jeudi devant le "club Valdai", un colloque d'experts internationaux. Saluant d'un "cher Vladimir" le président russe présent, l'ancien chef de gouvernement français, opposé lui aussi à une intervention en Syrie, a poursuivi : "Je souhaite à cet égard que la France retrouve cette indépendance et cette liberté de jugement et d'action qui, seules, lui confèrent une autorité dans cette crise".

Tollé sur Twitter

Une déclaration lourde de sous-entendus sur le suivisme de Hollande vis-à-vis de Barack Obama qui n'a pas manqué de faire réagir. "L'habit de Républicain de François Fillon part en lambeaux. En ce jour, le bien coiffé devient laquais de la Volga", a taclé sur Twitter le député PS Arnaud Leroy. "On se demandait quel était le moins sectaire pour lui. Maintenant on sait. François Fillon choisit Poutine contre son pays. #commeleFN", a renchéri le socialiste Jérôme Guedj. "Grave sur le fond", a plus sobrement commenté le co-président des députés écologistes, François de Rugy.

La députée UMP Valérie Pécresse a néanmoins tenté de prendre sa défense sur iTélé : "Faire entendre une voix singulière, être indépendant, ça veut dire deux choses : ça veut dire être très proche de l'Allemagne et ça veut dire parler avec la Russie. Et le problème de François Hollande aujourd'hui c'est qu'il a oublié ces deux prétextes (...) élémentaires de la diplomatie française". Mais à force de controverses, François Fillon pourrait se retrouver bien seul. Alain Juppé, Jean-Pierre Raffarin ou encore Jean-François Copé n'ont pas souhaité faire de commentaires.