Le débat sur l'euthanasie n'a pas fini de déchirer monde médical et opinion publique. En rendant lundi un avis qui recommande de ne pas légaliser l'assistance au suicide (la délivrance d'un produit que le patient pourrait lui-même s'administrer) ni l'euthanasie, le comité consultatif d'éthique (CCNE) ne tranche pas vraiment. "La réflexion sur la fin de la vie n'est pas close", estime ainsi le Conseil. Cet texte rendu lundi avait été présenté comme un préalable à une nouvelle loi sur la fin de vie promis par François Hollande lors de sa campagne. Un projet de loi avait été annoncé il y a quelques mois pour juin 2013, il sera finalement présenté "sans doute à la fin de l'année", annoncé le Président de la République. Le texte "complètera, améliorera la loi Leonetti qui est déjà un premier pas dans la direction qui est celle de la dignité de la personnes", a-t-il précisé.

Pas de préconisations sur l'euthanasie

Dans son avis intitulé "Fin de vie, autonomie de la personne, volonté de mourir", le CCNE a estimé que l'autorisation de l'"aide active à mourir" pourrait être perçue par des personnes vulnérables comme un risque d'être victimes d'abandon de soins et de voir abréger leur vie. Les membres de l'instance n'ont pas réussi à se mettre d'accord sur ce sujet difficile. Si la majorité de ses membres recommande de ne pas légaliser, huit des quarante membres du Comité estiment, dans une contribution accompagnant le texte adopté, que la frontière entre "laisser mourir" et "faire mourir" a déjà, de fait, été abolie par la loi de 2002 sur les droits des malades et de 2005 sur la fin de vie. 

Sur d'autres volets de la prise en charge de la fin de vie, le comité a esquissé plusieurs pistes. Il souhaite ainsi que les "directives anticipées" de fin de vie émises par un patient atteint d'une maladie grave, rédigées en présence d'un médecin traitant, deviennent "contraignantes pour les soignants sauf exception dûment justifiée par écrit". Une mesure qui offrirait bien plus de garanties que la loi actuelle qui ne considère ces directives que comme des "souhaits". Les décisions restent prises par les médecins. Le Comité recommande également le respect du droit d'une personne en fin de vie à être endormie ("sédation profonde") jusqu'au décès si elle le demande quand les traitements, voire l'alimentation et l'hydratation ont été interrompus à sa demande. Il préconise en outre "d'associer pleinement" la personne et ses proches et de ne pas se limiter à discuter entre médecins.