Cécile Bourgeon pourrait bien avoir joué un rôle plus actif qu'elle ne le prétend dans la mort de sa fille Fiona. Depuis ses premières auditions, la jeune femme de 25 ans chargeait son compagnon, Berkane Makhlouf. Lundi, elle a vu le procureur de la République de Clermont-Ferrand, Pierre Sennès, demander la requalification de sa mise en examen en "coups mortels aggravés".

Quatre chefs d'accusation pèsent jusqu'ici contre elle, dont "recel de cadavre" et "non assistance à personne en danger". Seul Berkane Makhlouf était pour le moment mis en examen pour "coups mortels aggravés". C'est désormais aux juges d'instruction en charge du dossier, que Cécile Bourgeon doit rencontrer mardi à partir de 14 heures dans la cité auvergnate, d'accéder à la demande du magistrat. "Laissons faire la justice, le procureur demande, le juge décide, on verra si le juge a des éléments nouveaux", a déclaré à l'AFP son avocat, Me Gilles-Jean Portejoie.

Cécile Bourgeon aurait "pété un câble"

Pour celui de Berkane Makhlouf, Me Mohamed Khanifar, la requalification de la mise en examen serait une "mesure de justice". Le conseil estime en effet que Cécile Bourgeon est aussi impliquée que son client. Accablé par sa compagne, Makhlouf, qui a toujours nié avoir frappé Fiona, a progressivement changé sa version des faits. Protégeant dans un premier temps son amie, il l'a ensuite accusée d'avoir donné "deux coups de pied au ventre" et "deux coups de pied à la tête" de sa fille, la nuit de sa mort. Selon lui, Cécile Bourgeon "a pété un câble" et "corrigé" Fiona, sans que les coups portés ne soient "la cause de la mort".

Une confrontation entre les deux protagonistes de ce drame, attendue en novembre, mais dont la date n'a toujours pas été fixée, devrait permettre aux enquêteurs d'en savoir plus, alors que le corps de Fiona reste introuvable malgré trois opérations de fouilles, toutes infructueuses. En attendant d'être opposée à son compagnon, Cécile Bourgeon, reine du mensonge face caméra durant quatre mois, sera confrontée à ses nombreuses contradictions, mardi lors de sa nouvelle audition par les juges d'instruction.