Quelques mois après l'affaire des patrons "pigeons" qui avait agité le Web et l'Elysée à l'automne, François Hollande a tenu lundi soir à dissiper "le malentendu qui a pu (…) se glisser" entre lui et les entrepreneurs. Comme preuve de sa bonne volonté, le Président a annoncé une série de mesures visant à alléger leur fiscalité et à promouvoir ce type d'initiatives. Mais aussi à promouvoir l'image des entrepreneurs auprès des Français et notamment auprès des jeunes. "Il nous revient de faire tomber les barrières sociales, culturelles, géographiques, psychologiques, financières, pour que la création d'entreprise soit, si je puis dire, démocratisée", a-t-il souligné, annonçant un programme d'éducation "de la sixième à la terminale" et insistant sur l'intérêt de laisser les chefs d'entreprise accéder aux établissements scolaires pour attirer les jeunes dans l'entreprise. Dans l'enseignement supérieur, "des modules" seront instaurés "pour qu'un étudiant puisse dans le cadre de son parcours créer sa propre entreprise".

François Hollande très attendu sur la fiscalité

C'est surtout sur la fiscalité que les patrons attendaient le président socialiste. Si le mode d'imposition des plus-value tirées de la vente des actions sera bien aligné sur le barème de l'impôt sur le revenu, la "durée de détention" sera favorisée par le biais d'abattements. Un régime de droit commun côtoiera un régime incitatif aux abattements renforcés, réservé aux créateurs d'entreprises et détenteurs de sociétés de moins de dix ans. Celui-ci s'appliquera aussi aux transmissions intra-familiales, aux jeunes entreprises innovantes (JEI), jusqu'ici exonérées, ainsi qu'aux entrepreneurs vendant pour partir à la retraite. Ces derniers qui étaient jusqu'ici totalement exonérés auront droit à "une franchise de 500.000 euros".

Le Plan d'épargne en actions sera étendu afin d'orienter une partie de l'épargne des Français vers les PME. Pour favoriser la création d'entreprises dans les quartiers défavorisés, François Hollande a annoncé la création d'un financement spécifique pris en charge par la Banque publique d'investissement (BPI). Les talents étrangers et innovant désirant s'installer en France recevront une bourse d'investissement et le "visa entrepreneur".

Les quelques 300 entrepreneurs présents en cette clôture des Assises de l'entrepreneuriat ont visiblement bien reçu le message, saluant des décisions allant "dans le bon sens", "très positives pour les chefs d'entreprise", certains allant même à parler de "bonne nouvelle pour la France". Mais beaucoup d'entre eux ont aussi appelés le gouvernement à aller plus loin.