La boucle est bouclée. Amandine, premier bébé éprouvette français, a donné elle-même naissance cette semaine à son premier enfant avec l'aide du même gynécologue qui l'a aidée à voir le jour le 24 février 1982, le Pr René Frydman, a annoncé dimanche l'hôpital Foch de Suresnes.

Cette naissance s'est déroulée de manière "naturelle" et "avec les bons soins" du Pr Frydman et du Pr Jean-Marc Ayoubi, chef de service de la maternité, précise l'hôpital Foch. La fille d'Amandine, prénommée Ava et pesant 3,2 kg, est en "parfaite santé", souligne encore l'établissement, où 3.000 bébés naissent chaque année.

"C'est un symbole"

Dans un entretien au Journal du dimanche, Amandine explique qu'elle a voulu rendre publique la naissance de sa fille pour démontrer que "les personnes nées par FIV (fécondation in vitro, ndlr) n'ont pas plus de problèmes d'infertilité que les autres". "C'est un symbole : la médecine aide des couples à un moment et, trente ans plus tard, tout est naturel" explique-t-elle.

Objet d'une vive polémique à ses débuts, la procréation médicale assistée s'est imposée comme un traitement efficace pour de nombreux couples infertiles. Cinq millions de bébés sont nés dans le monde grâce aux techniques de fécondation in vitro (FIV) depuis la naissance de Louise Brown, premier bébé éprouvette en 1978, selon des estimations de la Société européenne de reproduction humaine et d'embryologie (ESHRE).

Des précédents

Quelque 350.000 bébés sont désormais conçus chaque année par fécondation in vitro, ce qui représente 0,3% des 130 millions d'enfants qui naissent dans le monde. La FIV est une fécondation qui se fait à l'extérieur du corps de la femme, en laboratoire, d'où le surnom de "bébés éprouvette" donné à ces bébés.

La britannique Louise Brown, née grâce aux travaux du pionnier de la procréation médicalement assistée (PMA) Robert Edwards (décédé en avril 2013) a aussi eu un enfant par "fécondation naturelle" en décembre 2006.