"Les députés font leur rentrée aujourd'hui. C'est le bon moment pour les pousser à prendre de bonnes résolutions !". Réunis sur une place à proximité de l'Assemblée, Alex Wilks et une poignée de membres de l'association Avaaz ont organisé mardi après-midi un happening pour interpeller les parlementaires sur "l'opacité" entourant leurs indemnités de représentation.
"Levez le voile sur vos frais de mandat", réclamait leur pancarte, tandis que trois militants cachés derrière un masque de singe faisaient les signes de celui qui ne voit pas, ne parle pas, et n'entend pas. Une allusion à "la politique de l'autruche" pratiquée selon eux par les députés sur leurs frais de représentation, ces enveloppes de 6 200 euros mensuels destinées à couvrir les dépenses liées leur fonction (location d'une permanence, dépenses de communication, abonnements presse...).
Les députés récalcitrants
Restreinte par la police et gênée par la pluie, l'action d'Avaaz a quelque peu pris l'eau. Mais l'essentiel était ailleurs. Sur Internet, la pétition lancée par cette ONG qui se définit comme un "mouvement citoyen" a recueilli près de 115 000 signatures en quelques jours. De quoi mettre la pression sur les députés qui, pour le moment, rechignent à rendre transparente leur indemnité de frais de mandat, parfois soupçonnée d'être utilisée à des fins personnelles.
En juillet dernier, le député centriste Charles de Courson avait proposé de fiscaliser la partie de cette indemnité qui n'aurait pas été utilisée pour des frais professionnels. Les députés auraient ainsi été obligés de fournir des justificatifs. Mais l'amendement avait été rejeté à une écrasante majorité en commission des Finances comme en séance.
Aujourd'hui, les militants d'Avaaz attendent des propositions de Claude Bartolone sur le sujet. En prenant ses fonctions à la présidence de l'Assemblée, il avait promis de faire du palais Bourbon "une maison de verre" "transparente, exemplaire, irréprochable".















