Le "routard du crime" devrait reprendre le chemin de la justice. La chambre de l'instruction de la cour d'appel de Metz a en effet décidé ce jeudi de renvoyer Francis Heaulme devant les assises pour le double meurtre de Montigny-lès-Metz (Moselle). Vingt-sept ans après, l'affaire non élucidée est-elle en passe de connaître son épilogue judiciaire ? L'avocate du tueur en série, Me Liliane Glock, a toutefois annoncé qu'elle allait former un pourvoi en cassation contre cette décision.

Le 29 septembre 1986, les corps massacrés à coups de pierre de Cyril Beining et Alexandre Beckrich, tous deux âgés de 8 ans, étaient retrouvés sur une voie ferrée de Montigny-lès-Metz. Dans un premier temps, le double-meurtre est imputé à un apprenti-cuisinier de 16 ans, Patrick Dils. Il est condamné à la réclusion à perpétuité. Mais en 2001, coup de théâtre : les enquêteurs établissent la présence de Francis Heaulme, déjà condamné deux fois pour meurtre, près de la scène de crime. A l'époque, il travaille dans une entreprise située à 400m de la voie ferrée. Malgré une rarissime procédure de révision, Patrick Dils sera de nouveau condamné à 25 ans de prison. Pour être finalement acquitté en 2002 au terme d'un troisième procès.

"Montigny, ce n'est pas moi ! Mon style c'est l'Opinel"

En 2003, une nouvelle instruction est ouverte : Francis Heaulme est mis en examen. Il reconnaît être monté sur la butte le jour où les deux garçonnets ont été tués. Et admet avoir "retourné l'un des deux corps". Déclarations sur lesquelles il reviendra trois ans plus tard expliquant avoir "dit ça pour faire l'intéressant". Seule constante, il nie être l'auteur du double-meurtre : "Montigny, ce n’est pas moi ! Mon style, c’est l’Opinel. Et j’étrangle à mains nues". Un rapport de la gendarmerie conclut pourtant à la "quasi-signature criminelle" de Francis Heaulme. Depuis, de nouveaux témoins ont affirmé l'avoir croisé, le visage ensanglanté, peu de temps après les meurtres.

C'est en 1984, un mois après la mort de sa mère, que l'homme aux épaisses lunettes, décrit comme intellectuellement limité, avait entamé son parcours meurtrier en sillonnant les routes de France. A 54 ans, celui que la justice qualifie de "prédateur absolu, sans regret, ni remords", a déjà été reconnu coupable de six meurtres. Jusqu'au prochain procès ?