François Fillon assume, Jean-François Copé assassine. Le patron de l'UMP s'en défend. Sur TF1 lundi soir, Jean-François Copé a déclaré vouloir rassembler et couper court à la polémique, donc à François Fillon. Voilà pour le discours sobre à la TV, lors du JT le plus suivi en Europe. Dans les colonnes d'un quotidien le même jour, à l'audience forcément plus confidentielle, c'est une autre chanson. Copé titille son adversaire pour la conquête de 2017 en évoquant l'avenir en péril de son parti dans une fuite extrémiste.

Etrange jeu de dupes entre les deux hommes et inversement des rôles. Alors que Fillon jouait les modérés lors de la course à la présidence de l'UMP, Copé tartinait les médias de pain au chocolat et jouait la carte de la droite dure. Jamais sur la même ligne au même moment. C'est le principe d'une rivalité. Il y a pourtant quelque chose qui les rassemble. La peur. Celle d'un Front national siphonnant les voix de l'UMP quand celle-ci avait mis le parti frontiste hors-jeu par le passé. Quitte à donner raison à Jean-Marie et Marine Le Pen quand ils préconisaient de préférer "l'original à la copie".

Bla, bla, bla...

Le comité politique extraordinaire de l'UMP, réuni mardi matin, relève plus de l'affichage extérieur, à direction de l'opinion, ce corps mou, que d'une révolution en son sein. Rien n'en est sorti à l'exception de déclarations de bonne volonté et de politiquement correct : famille, rassemblement, unanime, respect, bla, bla, bla...

Pendant ce temps là, Henri Guaino, plume de l'ex-président, place de nouveaux pions pour son champion : "pour l'instant personne dans l'opposition n'a été capable de démontrer qu'il était un homme d'Etat", a-t-il déclaré mardi matin du BFMTV. Nicolas Sarkozy peut dormir tranquille. Son parti n'a toujours pas de tête et semble plus que jamais désemparé. Ce sera peut-être le principal enseignement d'une bataille entre deux hommes qui font tout pour essayer de faire disparaître l'ombre de l'ancien président : le remettre en pleine lumière.