Le président François Hollande se rend mercredi en Algérie pour une visite d’Etat de deux jours, qui l’emmènera à Alger puis à Tlemcen (ouest). Seuls cinq présidents français ont été accueillis en Algérie depuis 1962, le dernier étant Nicolas Sarkozy en 2007. Accompagné par une importante délégation de plus de 200 membres, dont neuf ministres, une trentaine de patrons, presque une centaine de journalistes…

François Hollande arrive avec deux gros dossiers : celui de la mémoire et des relations économiques. Son discours jeudi devant les deux chambres du Parlement algérien est très attendu sur la question de la "reconnaissance des crimes du colonialisme".

Accord pour une usine Renault près d'Oran

Selon l’historien Benjamin Stora, qui fait partie de la délégation française, le président "pourrait aller vers un discours dévoilant la nature répressive du système colonial". Les députés de l’Alliance de l’Algérie verte (islamistes), qui réclament toujours que la France fasse "repentance" et "indemnisent les victimes de la colonisation" ont déclaré de leur côté qu’ils "boycotteront" cette allocution et ont signé un communiqué hostile aux "harkis" et aux "pieds noirs" qui se trouveraient dans la délégation.

Côté business, et après un long feuilleton émaillé de remous et de bouderies entre Alger et Paris, l’accord pour la construction d’une usine Renault près d’Oran sera - enfin - signé. L'État algérien détiendra 51 % de l’usine et le constructeur automobile français 49 %. Renault disposera à partir de 2014 d’une capacité de production annuelle initiale de 25 000 véhicules, qui pourra monter à 75 000. Le site fabriquera des Renault Symbol, un modèle dérivé de la Logan de deuxième génération. D’autres contrats sont annoncés, dans les domaines de l’agriculture, de l’industrie et des finances.

Fait rare, le Premier ministre Abdelmalek Sellal, s’est exprimé sur France 3 mardi soir pour esquisser les grandes lignes de cette visite : "Nous attendons de cette visite l’ouverture d’un nouveau chapitre dans les relations entre l’Algérie et la France, a-t-il déclaré, basé sur l’amitié et la coopération".