La police italienne a immédiatement fait le lien avec la visite de François Hollande au Vatican. La bombe artisanale qui a explosé vers 1h30 dans la nuit de jeudi à vendredi - ne faisant que des dégâts matériels - dans une petite rue du centre historique de Rome pourrait avoir un rapport avec la rencontre prévue vendredi matin entre le chef de l'Etat français et le souverain pontife, ont estimé les enquêteurs. Un peu plus tard, Manuel Valls a toutefois indiqué en avoir "parlé avec les autorités italiennes." Le ministre de l'Intérieur a assuré qu'il n'y avait "aucune raison de penser que l'explosion de cette nuit ait été liée à un déplacement du président".

Au numéro 8 de cette ruelle, la vicolo della Campana, proche de la célèbre place Navone, se trouve un édifice bien connu de nos expatriés : l'église Saint-Yves des Bretons (en italien Sant'Ivo dei Bretoni), gérée par la France. C'est l'un des cinq "pieux établissement" de l'Hexagone à Rome.

Rouverte en mai dernier

Attribuée au XVIe siècle par le Vatican à l'importante colonie bretonne vivant dans la capitale italienne, l'église était placée sous la protection d'Anne de Bretagne et des évêques de Rennes et de Nantes. Le bâtiment initial, délabré, sera démoli en 1875 pour être rebâti. En mai dernier, la petite église néo-renaissance à la façade discrète avait rouvert après deux ans de travaux. Une rénovation à laquelle a participé le Conseil régional de Bretagne.

François Hollande pourra se faire raconter l'histoire de cet édifice et de Saint-Yves, patron des Bretons et des hommes de loi, par un membre de sa délégation : son conseiller et ami Bernard Poignant, le maire de Quimper, fait partie du voyage présidentiel.